SUR J.-B. HUZARD.
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leurs jeunes plants, préserva ces magnifiques maisons royales d’uneimmense dévastation. Sceaux fut le seul monument pour lequel ilsfurent impuissants : il fut rasé de fond en comble.
Grâce à l’infatigable activité de ces hommes de bien, le troupeau siprécieux de mérinos que Louis XVI avait fait venir d’Espagne en 1786fut conservé intact à Rambouillet . Augmenté bientôt d’une nouvelleimportation, dont Gilbert fut chargé avec tant de bonheur et de succès,il a été l’objet des plus attentives sollicitudes de Huzard, Tous les ans,il avait mission d’aller diriger la vente qui s’y faisait, vers la fin dupiintemps, d’une certaine quantité de toisons, et d’un nombre à peuprès égal de béliers et de brebis provenant de l’accroissement du trou-peau de ces bêtes à laine fine d’Espagne , et que l’on entretenait pourfaciliter la propagation de la race.
Chaque fois qu’il en revenait, il était facile de distinguer, à son frontplus radieux, à sa gaieté plus vive, que le succès de la vente avait ré-pondu à ses espérances ! Plus le prix des types mis en vente avait grandià la chaleur des enchères, plus il aimait à s’exalter l’intérêt du publicen faveur de ces récentes importations destinées, ainsi que l’événementl’a prouvé, à opérer en France une véritable révolution manufacturière,et dont le résultat est aujourd’hui l'affranchissement de tributs énormesenvers l’Espagne et l’Angleterre. Toutes ses pensées relatives à cettenouvelle source de richesse nationale sont consignées dans chaque,compte rendu qu’il faisait, tous les ans, avec son collègue Tessier àl’Académie des sciences , et inséré à sa date dans les Annales de l'agri-culture française. Ici, écho de la reconnaissance du pays, nous pouvonsle dire bien haut : que de millions ces acclimatations, dues à des effortssi persévérants, n’ont-elles pas valu à la France !
C’était surtout aux Ecoles royales vétérinaires que Jean-Baptiste Hu-zard avait dévolu son zèle, ses affections, ses travaux et ses veilles. Initiéà la fois aux intentions du ministre et parfaitement au courant des be-soins des Écoles, il en modérait habilement tous les ressorts intérieurset extérieurs, il savait les maintenir dans une constante et parfaite har-monie.
Tout élève, tout vétérinaire trouvait auprès de lui appui, bienveil-lance, protection, et cet esprit d’équité qui l’accompagnait partout dansl’exercice de sa profession. La fidélité avec laquelle ils se conformaientà ses conseils a garanti le succès d’un grand nombre d’entre eux, quiaimaient à lui en témoigner leur gratitude.