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1 (1842) Histoire naturelle et sciences accessoires / P. Leblanc
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XII
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Dans un temps, abandonné à des praticiens dont lempirisme re-posait sur la plus aveugle crédulité, lart vétérinaire offrant peu decharmes aux vocations de la jeunesse, on avait senti le besoin de meil-leures mesures en laveur de la santé des animaux domestiques, partiesi indispensable de lindustrie agricole, on soccupa denvironner la pro-fession du vétérinaire de la considération qui accompagne le savoir. Pourarriver à ce but, on créa des bourses dans les départements pour lad-mission aux Ecoles : bientôt les aspirants à ces nouvelles institutions seprésentant en assez bon nombre, la possibilité du choix assura une partplus large à lintelligence.

Le préfet de la Seine, qui disposait des bourses de ce département,en donna une au fils aîné de Huzard, qui, sans en rien dire à personne,profita de celte ressource spontanée pour placer le fils dune veuve devétérinaire à lEcole dAlfort,, à son insu, il a payé sa pension du-rant les années détudes de ce jeune homme, qui, aujourdhui, exercelart vétérinaire avec distinction.

Un jeune parent resté orphelin et sans fortune lui dut aussi entière-ment linstruction et un emploi de vétérinaire à larmée dEspagne ,il succomba.

Depuis lenfance, Huzard avait été lié avec un camarade détude quiavait su tirer de ses talents un parti honnête et fort avantageux, maisqui nobservait pas dans lintérieur du ménage cette raisonnable écono-mie que ne devrait jamais perdre de vue un père de famille. Lamitiéavait même souvent murmuré de limprévoyance ; la mort frappa lim-prudent ami. Avec lui cessa le revenu dun état qui, dans certainesannées , avait dépassé le chiffre de 4o,ooo fr. Au nombre des enfantsplongés avec leur mère dans le dénûment, était un fils en bas âge, sonfilleul; son cœur ne se ferma point au souvenir dune si longue inti-mité, ni sa bourse à tant dinfortunes. Placé à des écoles préparatoires,puis à celle dAlfort, aux frais de lami de son père, il est aujourdhuien possession de bons moyens dexistence.

Compatissant envers des infortunes irrémédiables, il se roidissaitcontre les indolentes lamentations du découragement et.de la paresse.Aimant le travail avec passion, il sétait habitué à le considérer commela source de tous les biens et le remède à tous les maux. Nous lavonsentendu répondre un jour à un homme vigoureux qui lui exposait sadétresse : « Vous avez cent francs de rente au bout de chaque doigt, et« vos mains sont, Dieu merci, bien conformées. »