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Etranger aux intrigues de l’ambition, il opposa toute sa vie un cou-rage de fer aux duperies du charlatanisme et aux exactions de l’im-probité.
A l’Académie des sciences , où il siégea trente-sept ans, dans les nom-breuses élections auxquelles il assista, sa voix lut toujours, nonobstanttoute importunité, réservée au candidat qu’il en croyait consciencieuse-ment le plus digne : principes auxquels il n’a jamais failli, ni à l’Aca-démie royale de médecine, ni à la Société royale et centrale d’agricul-ture, ni à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale.
Uniquement occupé, ainsi qu’il prétendait que chacun doit l’être, desdevoirs de son état, il ne s’ingéra jamais dans les questions politiquesou gouvernementales ; circonscrivant l’application de ses lumières aucercle de la science relative à sa spécialité, il ne souffrait point chez luices oiseuses polémiques, dont la futilité n’alimente que trop ailleursdes entretiens parfois modérés et parfois aussi ridiculement passionnés.
Napoléon le chargea de graves missions pour les remontes de sonimmense cavalerie , et le décora de la Légion d’honneur. Louis XVIII lui donna le grand cordon de l’ordre de Saint-Michel , ordre exclusi-vement consacré aux savants, el dont le nombre des membres ne pou-vait excéder cent.
Charles X , voulant aussi lui témoigner sa royale bienveillance, luifit écrire qu’il l’invitait à choisir, à la manufacture de porcelaine deSèvres , les pièces qui pourraient lui faire plaisir. Huzard se rendit, avecsa femme , à cet établissement royal, où le directeur, M. Brongniart,son collègue de l’Institut, lui mit complaisamment sous les yeux toutesles merveilles de cette maison. Une simple assiette représentant unescène de maréchalerie fut l’objet de prédilection qu’il choisit et rap-porta, sans s’occuper du plus de latitude mise à sa discrétion par lamanifestation de la volonté royale
Après l’horrible attentat de Fieschi, chargé d’exprimer au roi Louis- Philippe les sentiments d’indignation de la Société royale d’agriculture,qu’il représentait, son émotion trahit ses forces. Le roi s’en aperçut etlui dit: « M. Huzard, il y a bien longtemps que je vous connais , votre« émotion est à mes yeux d’une haute éloquence. » Invité quelquefoisau dîner du château, il y était l’objet de bienveillantes attentions. « Vous« devez être fatigué, » lui dit un soir madame Adélaïde; « tenez,
« mettez-vous comme cela , « en lui montrant comment on pouvaits’appuyer sur un fauteuil, sans paraître assis.