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1 (1842) Histoire naturelle et sciences accessoires / P. Leblanc
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XIV

NOTICE

Dans lordre hiérarchique des fonctionnaires des écoles , Iluzard, de-venu inspecteur général, se trouvait plus haut placé que son anciendirecteur, le vénérable Chabert. Iluzard, qui navait pour cet habileet vieux profeS'eur que des sentiments de respect et de reconnaissance,prit, à son égard , toutes les précautions possibles pour ne lui laisserentrevoir, dans ses relations fréquentes avec lui, aucune forme , au-cune apparence de supériorité. De plus , Chabert était courbé sous lepoids des années , et encore , bien quavant cette époque le directeurdAlfort eût joui dun traitement de 20,000 fr., avec voiture et livréedu roi, il avait besoin en ce moment de conserver son emploi. Dans lesdernières années de sa direction , Iluzard allait fréquemment à Alforl,faisait les affaires de la direction, veillait à ce que tout fût en bon ordredans rétablissement, qui, grâce à ces amicales attentions , neut pointà sapercevoir de laffaiblissement des facultés du vieillard, ainsi préservéde lamertume, si cruelle à cet âge, dêtre remplacé. Le ministre dalorscomprenait celle délicatesse qui ne laissait rien en souffrance.

Cbanorier, propriétaire de la belle terre de Croissy,près Chatou , sonami et son collègue à la commission dagriculture , lui écrit, un malin,queffrayé de voir ses amis horriblement moissonnés par la faux révo-lutionnaire , et ne pouvant plus longtemps résister à tant dhorreurs, ilpartait pour létranger.

Iluzard, dissimulant son absence , se rend à Croissy , prend des me-sures pour la gestion de la propriété , et la conservation du beau trou-peau de mérinos, qui, comme celui de Perpignan , secondait lentreprisede Rambouillet , pour la propagation des bonnes races ovines : grâce àsa prudence , Croissy fut préservé du pillage.

Au retour de cet exil volontaire , Cbanorier croyait sa propriété dé-vastée , son troupeau anéanti ; quel ne fut pas son bonheur de retrouversa maison telle quil lavait laissée , son troupeau dans le meilleur étatpossible, et ses comptes comme il les eût faits lui-même Iluzard avaitsuppléé à labsence de son ami.

Dans ce moment de crise et de persécution , Huzard, qui sétait sous-trait à tous les dangers, en ne se montrant accessible quaux préoccupa-tions scientifiques, en fermant loreille à tout entretien qui ne sy seraitpas rapporté , rendit des services signalés non-seulement à de nombreuxconcitoyens, mais encore à dillustres proscrits étrangers Sa bibloithè-que était leur rendez-vous, et la science lobjet de leur fréquentationjournalière. Nous citerons entre autres deux notabilités, l'une d'outre