SUR J.-B. HUZARD.
XV
le Rhin , l’autre d’au delà des Alpes , qui durent à cette heureuse cir-constance le moyen de faire des travaux dont l’importance appréciée, àleur retour dans leur patrie , les fit placer au premier rang parmi lescorps savants , et assura à l’un d’eux un haut emploi dans l’ordre ad-ministratif.
La science, qui est cosmopolite, avait fait de ces hommes de nationsdistinctes trois véritables compatriotes, dont les sympathies firent s’éle-ver à tout ce qu’elle peut avoir de plus sublime la vertu de l’hospitalité.Le récit en serait long. Disons brièvement que ces deux célèbres étran-gers furent redevables, à ce dévouement hospitalier, de la conservation,l’un de son honneur, l’autre de son existence. La reconnaissance duconseiller d’Etat prussien et du docteur piémontais fut digne du géné-reux ami qui l’exploita au profit de sa bibliothèque tant que vécurentces zélés correspondants, toujours disposés à l’aider dans ses recher-ches d’ouvrages rares et précieux ; et ils ne l’ont précédé dans la tombeque de quelques années.
Il mit, à son tour, à contribution leurs lumières et leur haute in-fluence, pour propager, en Europe , le bienfait d’une des plus bellesconquêtes que l’art ait remportées sur la nature, la vaccine.
Le duc de la Rochefoucauld venait d'importer à Paris cette belle dé-couverte. Un comité fut créé pour étudier, recueillir, constater et répan-dre à la connaissance du public les faits relatifs à cette nouvelle appli-cation. Huzard, membre très-actif de ce comité, ne borna point à sesrelations régnicoles ses exhortations en faveur d’une pratique accueilliedans le principe avec défiance et sujette à mille répulsions, il s’adressaaussi à ces amis de l’humanité dont il était sûr de la droiture et de l’in-fluence. Ces hommes dévoués trouvèrent promptement de nombreuximitateurs, et grâce à la constance d’efforts inouïs et multipliés à l’infini,toutes les répugnances de l’ignorance et de la superstition vaincues, lavaccine est aujourd’hui, dans la presque totalité de l’Europe , d’uneobligation reconnue, et aussi généralement imposée par la raison à latendresse des mères, que le baptême, par la piété, à leurs devoirs re-ligieux.
Au milieu de ces occupations si attachantes, Huzard s’apercevait peuque sa maison était le centre d’un mouvement commercial actif assezétendu.
Lors de la fixation du nombre des imprimeries, à Paris , madameHuzard , favorisée par le souvenir des services que Vallat la Chapelle,