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d’une poésie sublime a pu se concilier avec le savoir d'un grand agro-nome et d’un profond vétérinaire. Après Gelse , après Virgile et Colu-melle, quatre siècles sont muets, jusqu’à Valehs, 'et peut-être au delà.On vit alors paraître sur la médecine des animaux une foule d'écrivainsgrecs : Pelagonius , Apsyrtlie, Hiéroclès , etc. , et finalement l’ouvragedu comte Végèce ; Végèce qui gémit de l’abaissement et de l’oublipresque universel où était tombé l’art vétérinaire. Je ne m’arrête pointaux Arabes, ‘qui ^s’élançant de leurs déserts pour changer la face dumonde, mêlèrent au fracas des batailles le culte des sciences et deslettres ,'traduisirent dans leur propre langue, en Perse , en Syrie , enEspagne , les médecins , les naturalistes , les ‘agronomes'et les "vétéri-naires de la Chaldée ,‘del’Afrique , de la Grèce et de l’Italie ; ‘et 'qui,mettant à profit les leçons qu’ils en recevaient,'égalèrent bientôt etmême surpassèrent leurs modèles. Rhazès lui-même, si mal connuparmi nous, dit Casiri, Rhazès écrivit sur les maladies du (lion. Jus-qu’où les Maures d’Espagne n’avaient-ils point porté l’agriculture parlaquelle tout prospère ? bes seuls rois de Grenade ‘eurent plus d’unefois contre les chrétiens des armées de deux cent mille'hommes et decent mille chevaux ; prodige que l’on ne rencontre que dans quelquespeuplades de l’antiquité , mais dont aujourd’hui ni l ! Espagne, 'iii peut-être aucun Etat de l’Europe n’olli irait Éombre.
Qui le dirait? Deux mille ans avantTèrte chrétienne,d'extrémité del’Asie avait adopté pour tous les animaux domestiques une disciplineadmirable ; tandis que sur les cent trente vétérinaires que cite notre an-tiquité, il n-’en est pas'uu seul qui ait laissé sur son art Un'travail com-plet et digne de la postérité. J’ajoute que, dans nos siècles’inodemes,la barbarie dont se'plaignait Végèce était encore dans les esprits, à cepoint que vers le milieu du seizième siècle, au moment où Jéan Ruelleet Rusius publiaient, l’un sa traduction latine des vétérinaires grecs,l’autre son traité d’Hippiatrie , un médecin de Sicile , Ingrassias , pu-bliait, pour sa propre justification, une apologie de la médecine vétéri-naire. Conçoit-on qu’une telle apologie ait été jamais nécessaire! Est-Il une science qui touche à plus d’intérêts pour les ‘protéger ? Est-ilune étude plus propre à éclairer ‘toutes les nôtres ? N’a-t-elle pas de-vant elle , pour faire ses 1 expériences, un'champ sans limite?‘et soitqu’elle expérimente en 'effet, soit'qu’elle'slen tienneà'la'siinple'obser-vatioii, quels seèrets ne peut-elle pas nous apprendre sur-les• qualitésmorales des animaux : la patience,da docilité, l’ardeur, ic courage, le