DE J.-B. HUZARD.
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dévouement : sur les moyens de développer, d’affermir, de tempérerces qualités généreuses, et où l’homme prendrait des lefons pour lui-■néine ; sur les amitiés, sur les antipathies qui les rapprochent où lesdivisent ; sur cette flamme périodique de tendresse et de fureur qu’ai -lume dans leur sang la saison des amours, et qui de tous les phéno-mènes de l’économie animale est peut-être le plus incompréhensible ;sur les transmissions héréditaires ; sur les étranges altérations qu’im-priment à la matière animale et le climat et la localité, et surtout lanourriture qui, de concert avec le repos ou le travail , transforme àsouhait cette matière en os, en graisse, en chair musculaire ; et la cas-tration qui la dénature ; et les croisements qui semblent confondre lesraces et métamorphoser le6 espèces ? ainsi de suite. A ces questionsd’histoire naturelle, de philosophie morale et de physiologie , se joi-gnent les questions de médecine proprement dite ; et la grande questiondes contagions si contestées et si réelles ; et l'efficacité des inoculationsdéjà faites avec des résultats si variés par Camper ; et, finalement, touteslos maladies des animaux, si rares lorsqu’ils vivent en liberté, si com-munes dans leur société avec l’homme, qui semble leur donner toutesles siennes. Ils vont comme lui jusqu’à perdre la raison : tantôt saisisde terreurs paniques et se précipitant en aveugles dans les pièges qu’.ilsveulent éviter ; tantôt aigris contre leurs semblables qu’ils prennent enaversion , se cachant dans des solitudes , et se faisant, à leur manière,misanthropes comme Bellérophon ; tantôt pris de manies intermittenteset devenant tout à coup dangereux ; tantôt enfin cruels et dénaturés,•furieux contre leur propre sang, et déehirant leur progéniture, commeles mères le font quelquefois parmi nous. Lois humaines ! l’exempledes animaux vous eût appris de bonne heure à ne pas confondceee quiest crime avec ce qui n’est qu’égarement !
j’ai mal rendu les pensées d’Ingrassias en faveur de la médecine vé-térinaire; mais vous suppléezà ma faiblesse, et vous comprenez, commeBwffon, comme Vicq-d’AriretCIabanis , qu’une médecine à la fois si riche,si difficile et si nécessaire, doit être tirée de l’abaissement où on l’a tenuejusqu’ici. Ingrassias écrivait de r544 à i5y6. Dans ce même-temps lacirculation , entrevue seulement par les anciens , fut peinte d’un traitpar deux Espagnols , le médecin Montagna et le vétérinaire don Fran-cisco de la Reyna. Servet venait de mourir, et Sarpi n’éiait qu’un en-lant, lorsqu’en i'564, treize ans avant la naissance deDarvey, la Reynafit paraître à Burgos un ouvrage où se lisaient ces paroles : Te sang