DE J.-B. HUZ.YK1).
XXIX
dictionnaire de médecine. Dans les sept premiers volumes de ce dic-tionnaire, Huzard a publié, sur toutes les parties de son art, plus detrois cents articles. Il en est, à la vérité, un trop grand nombre qui nesont que de courtes définitions de termes, ou des traductions de motslatins, grecs, arabes, ou de simples renvois à des articles plus généraux,et même à des synonymes ; derniers articles qui seraient sans valeur,s’ils ne faisaient ressortir l’énorme quantité d’appellations bizarres quel’on attache, dans les provinces, aux mêmes objets et aux mêmes mala-dies, et qui sont pour la science un embarras plus grand qu’on ne l’i-magine. D’autres articles renferment des extraits de Chabert, de Flan-drin, de Vitet, de Gilbert, etc., et même d’ouvrages inédits de Bourgelat ;fragments que Huzard complète quelquefois par ses propres idées.D’autres ont été composés de concert avec Vicq-d’Azir, Chabert, Des-plas et Barrier. En revanche, il est des articles fort étendus, et sur despoints capitaux, qui ne sont dus qu’à Huzard. Outre l’érudition dontils brillent, tous ces articles respirent cette fermeté de raison que l’au-teur mettait dans ses ouvrages, et ils offrent parfois des singularités pi-quantes. Lisez l’article Amputation ; vous y verrez que, de toutes lesparties extérieures des animaux, il n’en est peut-être pas une seule surlaquelle, soit caprice, soit nécessité, l’homme n’ait porté le couteau. Ilfend les naseaux de l’âne, il écourte les oreilles du cheval, il en tranchela queue ; cette queue qui, pour ce noble animal, est tout ensemble unornement et une arme contre les insectes. Privé de cette défense natu-relle et livré aux piqûres, le cheval irrité se révolte, se fatigue et dépérit ;une cavalerie est démontée, une armée vaincue. Des mouches qui dé-cident d’une bataille! A quoi tient la gloire! à quoi tient la destinéedes empires !
Dans l’article Anglomanie, avec quelle amertume Huzard s’élèvecontre cette puérile vanité qui nous ferme les yeux sur nos propresavantages, et nous porte, je ne dis pas à imiter, mais à contrefaire lesautres, de telle sorte que, cessant d’être Français sans être Anglais ,comme le milan de la fable, nous ne sommes plus rien. Avec tant degénie naturel, où est la nécessité d’être copiste? d'autant plus que, dansce mépris que nous faisons de nous-mêmes et dans le choix des objetsque nous voulons imiter, nous sommes à la fois aveugles, ridicules etmalheureux. Un de nos chevaux se vend comme cheval de réforme ; unAnglais l’achète à vil prix. Ce cheval produit en Angleterre des che-vaux merveilleux. Un de ses descendantsnousacoùtéplusdc 25 oo louis;