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1-I.OGE
perte énorme que rien n’a compensée. Un clieval normand est expédiépour l'Angleterre. H avait des qualités surnaturelles. L’Anglais charmé,dit Flandrin, l’Anglais ravi se demande avee étonnement comment, pos-sesseurs de chevaux si parfaits, noos marquons tant de frénésie pomles siens. Quels chevaux ont en' de l’éclat dans les meilleurs manègesd’Angleterre? dans ceux de Bâtes, de Byatn et d ? 'Astley .’“Des chevaux deFrance ; de ces chevaux que préférait lord Pemhrolce, que préférait lechevalier Medows. Vous affectez d’aller à l’anglaise , et vous ignorezque, pour être bien assis sur le cheval et pour en régler comme il con-vient les mouvements, il est une géométrie naturelle dont les manègeset la cavalerie d’Angleterre suivent comme nous les lois : c’est-à-direqu’on y monte à la française, et que le plus sûr effet de vos maladroitesélégances sera de ruiner tout à l’heure les jambes et les épaules de- votremonture. Mais, dès 178g, l’anglomanie avait eu parmi nous des résul-tats plus généraux et plus funestes. Elle détériorait nos haras, ellebrisait notre industrie ; elle détruisait nos chevaux, elle corrompait nosmœurs, en nous familiarisant avec le charlatanisme, ou, ce qui est lamême chose, avec la fraude. 11 n’est pas jusqu’à res courses dont ellenous avait donné le goût, et qui n’étaient et ne seront peut-être jamaisque les vanités d’un luxe onéreux et trompeur.
Dans l’article Air , Iluzard fait sentir quel est, pour les animaux do-mestiques, le triple danger qui les environne, soit par la brusque suc-cession des températures, soit par la longue impression du lroid et del'humidité, soit enfin par un séjour trop prolongé dans un air qu’ilsont déjà respiré, et qu’ils ont saturé de leurs propres émanations. Delà naissent, surtout pour le cheval, des maladies tantôt légères quedissipent le mouvement et la chaleur, tantôt profondes, redoutables,contagieuses, mortelles. Renouveler l’air est donc, pour ces animaux,une nécessité encore plus impérieuse que pour l’homme lui-même,car, quelque prompte qu’ait été l’horrible catastrophe du trou noirdans le Bengale, celle qui menace les chevaux privés d’air pur seraitencore plus rapide. Après une traversée de quelques jours, de Syrie onSicile , les meilleurs chevaux des croisés n’étaient plus que l’ombred’eux-mêmes ; et Coleman rapporte que, daus la courte expédition deQuiberon , une partie des chevaux embarqués périt bientôt d'asphyxie^bien qu’on eût soin d’ouvrir les écoutilles ; et que ceux qui survécurentet qu’on remit à terre avaient déjà contracté, les uns la morve, lesautres le farciu. Or, dans les idées de Iluzard, les animaux ainsi affectés