DK J.-15. HUZARD. XXXJ
sont îles foyers d’où s’échappent des molécules délétères qui, mêléesaux excrétions, s’attachent aux murs, à la paille, au sol, à tous lesobjets voisins. Ces miasmes, bien que volatils, ont une fixité de com-position que l’air ne peut entamer; l’air s’en pénètre, au contraire, etles transmet aux animaux qui succéderont aux premiers ; c’est ainsique l’air, qui doit entretenir la vie, n’est plus qu’un véhicule empoi-sonné qui la détruit. Vous voyez les suites. Les habitants d’une écurieétant renouvelés, si le mal se renouvelle, Concluez que l’écurie est in-lectée de miasmes animaux, et faites pour elle ce que Moïse prescritpour çe qu’il appelle la lèpre des murailles.
On s’était figuré que le séjour dans une étable guérirait la phthisie :erreur. Ce qui ne l’est pas, d’après Ramazzini et Huzard, c’est qu’untel séjour éteint l’énergie vitale, émousse la vue, rend nyctalope ; tandisqu’un séjour habituel parmi des chevaux expose, on vient de l’ap-prendre, à des maux encore plus affreux.
Dans les deux articles Aliments et Allaitements , après avoir donné lesrègles à suivre dans le choix, la quantité, la distribution des diversesnourritures, Huzard fait voir quel est, sur tous ces points, l’étonnantevariété des appétits et des aptitudes, et quel serait pour la totalité desanimaux, le danger d’un régime trop uniforme. Là vous apprendrez deRédi, de Bourgelat et de Chabert que ce n’est point par le supplice dela faim que la rage s’allume dans le chat ou dans le chien ; que cettemaladie suppose, comme la morve, une lésion plus profonde ; que, poul-ies animaux, aussi bien que pour l’homme, l’abstinence a des limitesqu’il ne faut pas lranchir, même dans les affections aiguës ; et qu’enfin,mues par des ressorts intérieurs d’une fabrique inimitable, ces ma-chines animées ont, pour mesurer le temps, une précision que n’apresque jamais l’instrument le plus délicat.
On cherche dans Y Encyclopédie méthodique, et l’on s’afflige de nerién trouver sur le bœuf et la castration. Ces deux articles apparte-naient à Huzard. Une telle lacune ne s’explique que par le malheurdu temps, et la nécessité de suffire à d’autres travaux. Que n’eùt-il pointdit sur la castration? Quels qu’aient été et quels que soient encore leshiodfs d’une pratique si barbare, il semblerait, à l’égard de l’hommequi l’a subie, que la nature ne lui laisse qu’à regret les restes d’une viequ’il ne peut transmettre ; et jamais, par aucune expérience, la phy-siologie n’eût plus sensiblement démontré quelle est, sur les qualités etles actes de l'aine et de l’esprit, la puissance des impressions intérieures.