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1 (1842) Histoire naturelle et sciences accessoires / P. Leblanc
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XXXVII
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DE J.-B. HUZAKD. XXXvij

indépendantes? Mais ces chevaux se suffisent à eux-mêmes ; ils sontinutiles à lhomme ; ils seraient même ses ennemis : cest en les maî-trisant, cest en les pliant à ses différents services, cest en les engageantdans des alliances inaccoutumées, quelhomme fait contracter à leur éco-nomie des formes et des aptitudes toutes nouvelles, et quen les rendantainsi différents deux-mêmes il créeles races quelon connaît; races toutesfactices et qui nexisteraient pas, selon Huzard, si lhomme neût existé.

La nature aurait donc deux grandes races, celle du Nord et celle duMidi, comme le dit Pascual; mais lart a aussi les siennes, plus nom-breuses peut-être et plus variées ; et cet art de les multiplier pour lesapproprier à nos besoins, cet art est dautant plus admirable quon yvoit une fidèle imitation de la nature, laquelle, dans ses différents ou-vrages, associe constamment deux choses qui sont en effet inséparables,la diversité et linégalité. Or, linégalité, contre laquelle tant despritsse révoltent, linégalité est, après la vie, le premier de tous les biens.Considérez la famille. Si tous les êtres qui la composent étaient parfai-tement égaux, comment subsisterait-elle? Transportez cette égalitéparfaite dans la grande famille qui est la société, vous détruisez la so-ciété. Ce sont les besoins qui rapprochent les hommes. Quels besoinsauraient lun de lautre deux hommes absolument égaux? Commentcelui-ci demanderait-il à celui- un secours quil aurait en lui-même?En mettant linégalité entre les hommes, la nature a voulu les rendrenécessaires lun à lautre ; et cest par cette nécessité réciproque quilsapprennent à sentre-servir et à saimer, Linégalité est donc le principede la société; légalité en serait la négation ; tandis que la justice ouplutôt léquité en est le ciment; léquité, cest-à-dire léquilibre entreles services. Il y a plus. La nature a voulu, par linégalité des saisons,nous former à la prévoyance et à léconomie; et, par lincgaiité desclimats et des terres, nous conduire aux bienfaits du commerce et 'auxprodiges dune civilisation universelle. Cette civilisation veut que lefaible obéisse, mais elle veut que le puissant protège ; ou plutôt elle neveut quunir toutes les forces pour lintérêt commun : et de mêmequun homme na de prix parmi ses semblables que par les servicesquil leur rend, de même aussi, parmi les animaux, une race na devaleur que par lespèce et la quantité du travail quelle produit. Je dislespèce et la quantité ; et cest sur ce fond quà légard des chevaux,après les races tartare, arabe, persane , turque, barbare, viennent lesraces dEurope , cest-à-dire les races dEspagne , dItalie , de Suisse , de

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