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1 (1842) Histoire naturelle et sciences accessoires / P. Leblanc
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XXXIX
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DK J.-B. IIU/ARD.

XXXIX

Tel était, en 1802, le déplorable état des choses; il est peu probablequil se soit amélioré sous lempire ; et, du reste, en prenant la France dans ses limites actuelles, par quels moyens rétablir, conserver et per-fectionner les races?

Ici Huzard prend soin de rappeler que, grâce à lheureuse variété deson sol, la France possédait et possède encore, au moins en partie,dexcellentes races, égalesetmème supérieures, selon lord Pembroke, auxmeilleures races dAngleterre : la race normande, la race navarine, larace limousine si chère à Turenne : la première, dorigine danoise , a-t-011dit; la deuxième, dorigine espagnole ; la troisième, dorigine orientale ;je ne dis pas arabe ; car, malgré les ouvertures des croisades et même denotre glorieuse expédition dEgypte , il est douteux que jamais chevalarabe soit venu jusquà nous. Nous navons jamais eu sous ce nom quedes chevaux de Syrie , de Turquie , de Perse, ou même dEgypte . Le vraicheval arabe ne se rencontre que dans le Nedjd , cest-à-dire à cettepointe méridionale dArabie le vit Marco-Polo il y a six cents ans,et les Anglais , et peut-être les Anglais seuls, puisent aujourdhuides étalons pour leurs haras de lInde , et sans doute aussi pour ceuxdEurope . Je reprends. Outre ces races principales faites pour le luxeet la guerre, la France , comme la Chine dautrefois, en compte beau-coup dautres, pour des services moins éclatants, mais plus nombreux,et jose dire, plus utiles ; elle en possède enfin de si précieuses, quellespeuvent suffire à tous les usages. Maintenant, parcourez dans toute laFrance les quarante-neuf localités marquées par Huzard ; cherchez aveclui, dans les décombres de vos chevaux, ceux qui conservent encore cesheureux ensembles de conditions organiques qui constituent des races ;séparez-les de tous les autres ; réservez-les pour les accouplements ;entre les rejetons quils vous donnent, choisissez les meilleurs, retran-chez tout le reste ; ne laissez quaux plus parfaits le droit davoir unepostérité; en un mot, prévenez toute mésalliance; et ramenées, parcette rigueur, à leur pureté primitive, vos races saffermiront avec lesannées. Rien ne changeant autour delles, qui pourrait les changer?Voyez les chevaux des Pampas : bien que livrés à eux-mêmes, ces che-vaux, issus despagnols,ont toujours les caractères de leur origine. Maiscet ouvrage de vos mains, que vos mains le protègent. Le cheval devratoujours plus à lhomme quà la nature. Platon veut que lon traite sesserviteurs comme des amis malheureux; quil en soit ainsi pour lecheval. Ayez pour lui la bonté du Maure , du Turc, de lArabe ; et,