DE J.-B. I1UZAKD. xlj
foi de Van Hehnont, de Home, de Weldenstad, d’Osiandcr, de Burdach ,et même de Harvey et d’Aristote , produire sur différents points des faitsdécisifs observés sur des animaux d’espèces différentes, et même sur desêtres de notre propre espèce : je n’en citerai que deux. Un étalon danois ,diversement coloré, féconde line jument d’Estramadure ; il en naîtune femelle décousue, qui n’a rien de son père ; mais, fécondée douzeans après par un étalon espagnol , elle donne un poulain peint commel’était son propre père, l’étalon danois . En i8t5, une jument anglaiseest fécondée par un couagga, sorte d’âne tacheté d’Afrique ; elle a unmulet tacheté comme le couagga; les trois années suivantes, tour à tourfécondée par trois étalons arabes , elle met au jour des poulains encoreplus tachetés que le premier mulet. Ces faits admis, et comment lesrejeter? ne s’ensuivrait-il pas que le pouvoir fécondant n’a point delimites rigoureuses , et qu’il marque quelquefois , d’un seul et mêmetrait, toute une suite de générations? Et cependant de quels riens, pourainsi dire, ce pouvoir est le jouet ! A Senuaar, sur un fond d’argile, lesanimaux de toute espèce, mâles et femelles, sont stériles ; à quatremilles de là, sur du sable, ils sont féconds. Deux étalons vigoureux ha-bitent deux fermes voisines ; ils sont stériles ; on les transpose. Jlom -gelat met le premier à la place du second, et le second à la place dupremier, et désormais les voilà féconds. N’ai-je pas vu des aliénés cesserde l’être par le seul déplacement d’une salle dans une autre? Et n’est-cepas ainsi que le menuisier d’Arétée, maître de toute sa raison dans sonatelier, la perdait en mettant le pied hors de sa maison, et la recouvraittout de suite en y rentrant? Comment concevoir une affection cérébralesitôt formée, sitôt détruite ! Quoi qu’il en soit, en traitant du croise-ment, Huzard propose quelques règles pour en assurer les résultats. Lapremière est qu’il n’appartient qu’aux races du Midi de perfectionnerles races du Nord; comme si le feu de la vie était plus énergique ouplus concentré dans ces organisations, trempées, en quelque sorte, parla chaleur et la lumière. La deuxième règle est que les mâles sont lesseuls instruments de cette perfection : le mâle donnant le texte que dé-veloppe la femelle ; règle confirmée, pour presque tous les animaux do-mestiques , par l’expérience du Suédois Alstrœmer, mais en quelquefaçon contraire au sentiment des Arabes , qui, dans le produit de laconception, accordent plus à la femelle qu’au mâle: aussi ne cèdent-ilspresque jamais leurs juments aux étrangers. De ces deux règles, Huzardtire celles que tous les peuples auraient à suivre dans les croisements