DE J.-B. HUZARD. xlîij
n’a presque pas il’liistoriens ; l’iniquité, si multiple , en a beaucoup.
‘Ce qu’Hippocrate a indiqué dans quelques paragraphes de son pre-mier livre des maladies, ce que Stoll a développé dans sa thèse sur lescas imprévus, Huzard l’a fait de son côté pour les chevaux attachés auservice des messageries et des roulages, lesquels ne sont que trop sou-vent arrêtés dans leur route par des accidents ou par des maladies.L’Instruction qu’il rédigea sur cet objet pour une administration civilefut adoptée sur-le-champ par celle de la guerre, et se répandit en plu-sieurs langues avec une rapidité qui fit voir combien elle était néces-saire. Les leçons qu’elle renferme firent disparaître les procédés inutiles,bizarres , cruels , dangereux dont se composait alors toute la sciencedes maréchaux. A la tête de ce dernier ouvrage, Huzard apprenait àreconnaître la morve et à purifier les lieux qu’elle avait infectés. 11 étaitpénétré de la propriété contagieuse de cette maladie, propriété que l’ona longtemps contestée, et sur laquelle on dispute encore ; comme s’ilétait possible de se mettre sérieusement dans l’esprit que, tout ayantde l’action sur l’économie, les vapeurs morbifiques et les virus n’en ontaucune.
Ici, Messieurs, je passerai sous silence quelques écrits très-courts deHuzard sur le vertige des chevaux, sur l’étymologie du mot Fourtmrc,sur les concours des mémoires de médecine vétérinaire, concours dontpendant vingt ans de suite il rédigea les rapports. Je ne parlerai ni desa correspondance, avec Tessier etGrognier.de Lyon, sur des objetsd’économie domestique, ni de son extrait du charmant livre de Choise-lat, sur l’art de s’enrichir avec des poules ; ni des notes pleines d’intérêtqu’il a consignées dans la dernière édition du grand ouvrage d’Olivier de Serres . Il n’est plus que deux objets sur lesquels j’appellerai votreattention.
Deux fois dans sa vie, la première en 1797, dans l’est de la Fiance etdans une partie de l’Allemagne , la deuxième en 181 4 , à Paris et dansles environs, Huzard a eu sous les yeux des exemples de ces épizootiesmeurtrières, j’ai presque dit de ces tragédies terribles qui, surtout dansle dernier siècle, en Italie , en Allemagne , en France , en Hollande, ontenlevé par centaines de milliers des têtes de bétail : plaies cruelles dontl’agriculture se ressent encore ; tristes fruits de ces guerres qui confon-dent, détruisent, massacrent tout, jusqu’à la raison des peuples. Cescalamités ont eu, comme toutes les nôtres, les historiens les plus illus-tres, Lancisi, Ramazzini , Sagar, Goclicke, Sauvages, Camper, le grand