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Haller lui-même et Vicq-d’Azir. La première que vit Uuzard n’étaitqu’un léger épisode où le caractère contagieux fut équivoque; dans ledeuxième, il fut manifeste à ce point qu’un peu de litière où des bêtesmalades s’étaient un moment reposées transmit le mal à des bêtes quisuccombèrent toutes, et que cependant les premières n’avaient ni vuesni approchées. Les bêtes mortes, que faire de leurs restes? Souvenez-vous que, dans l’intensité de ces redoutables maladies, il est des degréssi extrêmes, que tantôt vous userez impunément des cuirs et des chairs,et que tantôt le seul attouchement de ces matières donnera la mort.
Le second objet est.celui-ci. Dès 1782, Chabert, Flandrin , Huzardavaient mis en commun leurs talents et leur savoir pour composer, surles maladies de tous les animaux domestiques, un Almanach vétérinaire ,dont les livraisons, interrompues, furent reprises en 1792, et finalementrefondues , en 180g, pour former le premier volume d’un ouvrageconnu sous le titre d 7 Instructions et observations sur les maladies des ani-maux domestiques. Cet ouvrage s’est accru d’année en année de 1809 à1824, et forme aujourd’hui une collection de six volumes in-8°. Chaquevolume est divisé en quatre parties. La première contient l’histoire desécoles, et c’est là que l’on peut voir avec quelle solennité les prix étaientannuellement distribués à l’école d’Alfort ; solennité que relevaient parleur présence des ministres, des magistrats, des grands seigneurs, desavants naturalistes , de profonds physiciens , des hommes d’une élo-quence admirable, un Yicq-'d’Azir, un Fourcrov, lesquels, mêlés à tantde célèbres professeurs, Cliabert, Flandrin, Broussonet , formaientl’ensemble le plus rare et des réunions peut-être alors uniques danstout le Monde. Les autres parties du volume contiennent les observa-tions des maladies, et l’extrait des meilleurs ouvrages que publiait toutel’Europe. Tout ce que Chabert, tout ce que Flandrin, tout ce que Hu-zard lui-même ont produit d’excellent sur la jurisprudence vétérinaire,sur les maladies des bœufs , des chiens , des chevaux , des moutons ; lecharbon, la rage, la morve; ces avortements que l’on a crus contagieux;cette fluxion périodique qu’on croirait égyptienne, etc., est entré dansce recueil et en fait l’ornement. Les habiles vétérinaires des provinces yont trouvé place pour leurs observations. Aucun ouvrage n’est plusvarié ni plus instructif. Après qu’on l’a parcouru , une idée se présenteà l’esprit. La médecine des animaux n’existe pas encore ; mais pourélever ce bel édifice, tous les matériaux sont prêts; et si vous joignez ce.recueil à tous ceux qui ont paru depuis quelques années, si vous y joi-