PU G É N Ê R A X. 185
désert, réduit à l’animalité, on ne sait quel rangsa sagacité lui assignerait.
J’appellerai sensibilité physique cette sus-ceptibilité d’éprouver du plaisir ou de la peinequi tient purement aux sens et à la satisfactiondes besoins, et j’appellerai sensibilité moralecelle qui tient à nos rapports dans la société.La première est bornée , facile à contenter, etune fois satisfaite, elle laisse l’animal dans lerepos et l’indolence , jusqu’à ce que la renais-sance du besoin ramène le sentiment péniblequi détermine à une nouvelle action. 1
A mesure que la société est plus grossière etplus imparfaite, les hommes se rapprochent dela condition et de l’état des animaux : un sau-vage ou un nègre diffèrent peu d’un animal ;comme lui, les besoins physiques le tirent seulsde son apathie. Cependant comme l’homme, sibrute qu’il soit, esttoujours placé dans une espècede société naturelle ou civile, où ses besoins phy-siques sont satisfaits , il y a en lui un principed’action qui ne se trouve pas chez les autres ani-maux, et que je regarde comme le signe caracté-ristique de notre espèce : c’est cet amour de laprééminence et de la supériorité qui se trouveplus ou moins chez tous les hommes, et quine varie que dans ses moyens, et son appli-cation aux différens états de la vie. Mais cebesoin de l’amour-propre n’est qu’un principe