35 T DE E A Il O N T E . ïgt.voir perdue : dans la société, chaque classe a sesqualités particulières, dont la possession donnedroit à l’estime des hommes ; dans le militaire ,c’est le -courage et le mépris de la mort ; dansles hommes d’état , c’est la sagesse ; parmiles prêtres, c’est le savoir et la piété , etc. L’uti-lité générale dont ces qualités, ainsi distribuées,sont à la société, est cause de l’honneur qu’ony attache.
Quand cette passion de l’honneur, et la craintede 3a honte sont vivement imprimées dans lacœur humain, elles y agissent plus fortementque la crainte de la mort, et elles produisenttout ce qu’il y a de grand et d’héroïque aumonde. Plus la classe où se trouve un hommeçst élevée , plus il y tient lui-même un rang dis-tingué , et plus il fera d’efforts pour mériterl’estime publique. Un artisan, caché dans son,obscurité , s’embarrasse peu de l'honneur et dala honte , le désir d’agir sur l’opinion des hom-mes lui manque avec les moyens 5 dépourvu deses rapports moraux de sociabilité, son caractèrese déprave dans un isolement sauvage , il se dé-grade jusqu’à l’animalité. Voilà ce qui fait quela noblesse en général se montre plus suscep-tible , plus délicate sur ce qui concerne sonhonneur. Au lieu donc d’avilir, comme on faitaujourd’hui l’état du soldat , il faudrait , partous les moyens possibles, élever son ame, et