3i8 des Frontièresle lit du fleuve est lui-même très-resserré parles montagnes, de sorte qu’une poignée demonde, placée de l’autre côté de la rivière, peutarrêter la marche de toute une armée, aussibien que la navigation du fleuve. Ainsi il suffitaux Autrichiens d’avoir quelques troupes, sur-tout des troupes légères, pour s’opposer avecsuccès aux attaques des ennemis les plus nom-breux. Il ne serait pas plus praticable de mar-cher par la gauche du Danube , laissant derrièresoi et sur ses flancs Egra et une partie de laBohême. Une autre chose à considérer, c’estque cette ligne formant un rentrant considé-rable par rapport aux ennemis, c’est un grandavantage pour les Autrichiens ; car indépendam-ment de la force prodigieuse du pays, qui suffi-rait seule pour arrêter un ennemi de front, onne peut s’avancer contre aucun point donné dece cercle', sans prêter les flancs, et peut-êtrese mettre entre deux feux, et au moins s’ex-poser à perdre sa communication avec ses dé-pôts , et être obligé de se retirer , et de changersa ligne d’opération.
On conclura aisément de tout ce que je viensde dire, qu’Egra est le seul point de cette lignequi puisse être attaqué : cette place n’est, nine peut jamais être forte. 11 serait à-proposde bâtir sur cette frontière une forteresse poséede manière qu'une armée qui s’y appuyerait.