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Tome premier.
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XXIII
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PRELIMINAIRE. Partie I. xxmgenre de guerre ne íèra pas même celui que tous les états ontadopté aujourd’hui. II ne voudra pas conquérir, pour garderses conquêtes. II fera plutôt des expéditions, que des établis-semens. Terrible dans fa colere, il portera cher son ennemi laflamme & le fer. II épouvantera, par ses vengeances, tous lespeuples qui pourroient être tentés de troubler son repos’. Etqu’on n’appelle pas barbarie, violation des prétendues loix dela guerre, ces représailles sondées fur.les loix de la nature. Onest venu insulter ce peuple heureux & pacifique. II fe soulevé,il quitte ses foyers. II périra, jufqu’audernier , s’il le faut; maisil obtiendra satisfaction, il fe vengera, il assurera,parl’éclatdecette vengeance, son repos futur. Ainsi la justice, modérée,attentive à prévenir le crime, fait, quand le crime est com-mis, íè rendre inexorable, poursuivre le coupable, appesantirsur lui le glaive des loix, & ôter, par Pexemple, aux mé-dians commencés, la tentation de devenir criminels.

Cet état, vigilant à réprimer íès injures, ne fera, par fa po-litique, l’allié d’aucun peuple ; mais il fera l’ami de tous. II leurportera, fans cesse, des paroles de paix. II fera, s’il fe peut,le médiateur de leurs querelles, non par des vues intéressées,non pour mettre à profit fa médiation, non par rapport à descalculs chimériques de balance de pouvoir. J’ai déja dit com-bien toutes ces combinaisons de la politique moderneiuiíèroientindifférentes. II offrira son arbitrage, parce que la paix est unbien, & qu’il en connoît le prix ; parce que la guerre inter-rompt la communication qui doit exister entre les peuples, &qu’à cet égard elle est nuisible aux états qu’elle avoiíìne. Demême les tremblemens de terre font sentir leurs contrecoups,hors des limites de leur foyer. II dira à ses voisins : „ O peu-„ pies ! ô mes freres ! Pourquoi vous déchirer ? Quelle fausse„ politique vous é^'are ? Les nations ne font point nées en-„ nemies. Elles font les branches d’une même famille. Venez3, mettre à profit le spectacle de ma prospérité. Venez re-3, cueillir mes lumières, apportez-moi les vôtres. Jéne crains„ point que mes voisins deviennent heureux & puissans. Plus3, ils le deviendront, plus ils Rattacheront à leur repos. C’estj, de la félicité publique que naîtra la paix universelle. ”

Enfin Pétât, que je peins, aura une administration simple,solide, facile à gouverner. Elle ressemblera à ces vastes machi-