xxiv DISCOURS
nés .qui, par des ressorts peu compliqués, produisent de grandseffets; la force de cet état naîtra de fa force, fa prospérité defa prospérité. Le temps, qui détruit tout, augmentera fa puis-sance. 11 démentira ce préjugé vulgaire qui fait imaginer queles empires font soumis à une loi impérieuse de décadence &deruine. Si son jette les yeux sur l’hissoire, cette loi semble exi-ster. Elle est écrite sur les débris de tant de thrônes, s ur lestombeaux de tant de peuples ; mais elle n’est point irrésistible.Elle ne fait point partie de ce fatalisme qui sans cesse détruit &reproduit l’univers. Qu’un bon gouvernement soit la base d’un.empire, qu’il sache maintenir ses principes ,fétat s’éleveratou-jours jusqu’.à ce qu’il ait atteint le point de son ascendance, oùest sa plus^ grande force. Si ce gouvernement est assez habilepour démêler ce point, par delà lequel son élévation ne feroitque faffoiblir; s’il fait fy arrêter, s’il fait toujours l’y soutenir,l’état fixé à ce faîte de puissance, & inébranlablement affermisur la mer orageuse des destins, pourra voir les événemens &les íiecles se briíèr à ses pieds.
O ma patrie / Ce tableau ne fera peut-être pas toujours unrêve phantastique. Tu peux le réaliser: tu peux devenir cet étatfortuné. Un jour peut-être , échappant aux vices de son fiecle& placé dans' des circonstances plus favorables, il s’élevera furton trône un prince qui opérera cette grande révolution. Dansles écrits de quelques-uns de mes concitoyens, dans les mienspeut-être, il en puisera le désir & les moyens. II changera nosmœurs, il retrempera nos âmes, il redonnera du ressort au gou-vernement, il portera le flambeau de la vérité dans toutes lesparties de l’administration ; il substituera, à notre politiqueétroite & compliquée , la science vaste A sublime que j’ai tentéde peindre. Alors s’évanouiront ces fausses lumières qui nouségarent ; ces petits talens que nous honorons du nom de génie;ces préjugés que nous appelions des principes. Alors s’écrou-lera le système monstrueux & compliqué de nos loix, de nosfinances, de notre milice. Alors s’anéantiront, devant cet hom-me supérieur, les réputations de ces souverains qu’on a encen-sés, de ces ministres qu’on a crus des hommes d’état. II rendrala nation ce qu’elle peut devenir. Enfin ayant mis le comble àfa prospérité, ne pouvant plus y ajouter, qu’en la rendantdurable, il changera lui-même la forme du gouvernement. II
appellera