Band 
Tome premier.
Seite
XXV
JPEG-Download
 

PRELIMINAIRE. Partie IL xxy

appellera autour du trône ses peuples, devenus ses enfans. IIleur dira: „Je veux vous rendre heureux après moi. Je vous re-„ mets des droits, trop étendus, dont je n’ai point abusé, &dont je ne veux pas'que mes successeurs abusent. Je vous ap-„ pelle à partager avec moi le gouvernement. Je me réserve les„ honneurs de la couronne , le droit de vous proposer des loix35sages, le pouvoir de les faire exécuter, quand vous les aurez3,ratifiées, Pautorité absolue, la dictature perpétuelle, dans tou-3, tes les crises qui menaceront Pétât. Voici les statuts de ce gou-35 vernement nouveau ; voici ses loix : je ne vais plus régner3, que selon elles & par elles. Que ma famille, qui va jurer avec„ moi, me succédé à ces conditions. Recevez nos sermens, com-„ me nous allons recevoir les vôtres. Si de part ou d’autre il y a des3, infracteurs , les loix seront leurs juges. "

Quelle politique , que celle qui dicteroit à un roi tout-puissant , cette résolution magnanime ! Eh ! croit-on que ceroi & ses successeurs en fussent moins heureux , en eussentmoins d’autorité ? Ce premier créateur d’un peuple nouveauseroit adoré de son ouvrage. Ses successeurs, tant qu’ils se-roient vertueux , régneroient par le souvenir de leur ancêtre,par Pévidence du bien, par le despotisme des loix : le seul quiaffermisse les trônesqui ne dégrade pas les] peuples ; le seulqui íòit sait pour les jours de lumière & de philosophie , qui-commencent à se lever sur nos têtes.

SECONDE PARTIE.

Tableau de T Art de la Guerre , depuis le commencement damonde. Situation aHuelle de cette science en Europe. Son pa-rallèle avec ce qiïclle fut autrefois. Nécessité du rapport desconstitutions militaires avec les constitutions politiques. Vices detous nos Gouvernemens modernes jur cet objet.

J l est triste d’imaginer que le premier art qu’aient inventéles hommes, ait été celui de se nuire , & que, depuis le com-mencement des siécles, on ait combiné plus de moyens pourdétruire rhumanité 3 que pour la rendre heureuse. C’est cepen-Tome J. d