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Tome premier.
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XXXI
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PRELIMINAIRE. Partie II. xxxitillerie. Louis XIV , qui en donna Pexempìe , n’y gagna rien.II ne fit qu’engager PEurope à Pimiter. Les armées, moins fa-ciles k mouvoir & à nourrir, en devinrent plus difficiles à com-mander. Condé , Luxembourg, Eugene , Catinat, Vendôme,Villars, par Pascendant de leur génie, surent remuer ces mas-ses ; mais Villeroi, Maríin , Cumberland , & tant d’autres re-ster en t écrasés fous elles. Eh ! comment les auroient-ils condui-tes l Les grands hommes dont je viens de parler, n’introduiíì-rent dans les armées, ni organisation, ni tactique. Ils ne lais-sèrent point de principes après eux. Peut-être même, j’ose lèdire , agirent-ils souvent par instinct , plutôt que par médita-tion. Delà , il ne pouvoit pas se former de généraux fous eux;delà , quand le génie de ces hommes privilégiés ne marchoitplus k la tête des armées , on tomboit dans la nuit de Pigno-rance. On accusoit alors la fortune , la nature, la décadencedusiécle , de la rareté des bons généraux. II falloit bien qu’on s’enprît à ces causes chimériques. On regardoit presque entièrementla science du commandement, comme un don inné, comme unprésent du ciel. On imaginoit à peine que Péducation & Pétudefussent nécessaires. La science de la guerre n’étoit développéedans aucun ouvrage , d’une maniéré lumineuse. La tactique sur-tout étoit une routine étroite & bornée. Le maréchal de Puy-ségur avoit posé quelques principes , au milieu de beaucoupTerreurs ; mais il s’étoit bientôt arrêté , ou égaré dans fa théo-^ e - Ç’yst au roi de Prusse qu’étoit réservée Pinvention de Partde diviser une armée, de simplifier les marches, de déployerles troupes, de manier cent mille hommes aussi, facilement quedix mille.

II y avoit alors un grand schisme dans les opinions des mili-taires. La découverte des armes k feu devoit-elle changer la ta-ctique ? Devoit-on rejeter Pordonnance des anciens, k cause desa profondeur & de Peffet de Partiílerie ? Toute PEurope futdivisée & flottante entre ces opinions. On écrivoit de part &d’autre , & les discussions n’éclaircirent rien. Follard proposales colonnes , il en faifoit Pordonnance fondamentale & pref-qu’excluíive de Pinfanterie. Et telle étoit alors Pignorance ,qifil eut beaucoup de partisans. On vit le moment, que toutePinfanterie alloit reprendre la pique & se former en phalange.La guerre de succession & celle 1733 se firent dans cette incer-