PRELIMINAIRE. Partie II. xxxviiarmes y seroient reparties, dans une proportion sagement com-binée avec la nature du pays, & î’espece de guerre qu’on vou-droit faire. Elles auroient des taétiques simples, analogues,susceptibles de se plier à tous les mouvemens. Delà l’officierd’une arme sauroit commander sautre arme. On ne verroit pasdes officiers généraux , ignorant les détails des corps danslesquels ils n’ont pas servi, démentir le titre qu’ils portent : cetitre qui, en leur donnant le pouvoir de commander toutes lesarmes, leur suppose l’univeríàlité des connoissances qui les di-rigent. Les armées étant ainsi formées -, elles seroient plus faci-les à remuer & à conduire. On quitteroit cette maniéré étroite& routinière , qui entrave & rapetisse les opérations. On feroitde grandes expéditions. On feroit des marches forcées. On sau-roit engager & gagner des batailles par manœuvres. On feroitmoins souvent sur la défensive. On feroit moins de cas de cequ’on appelle des positions. Les détails topographiques n’au-roient plus la même importance ; ils ne surchargeaient plus aumême point la science militaire. Les embarras étant diminués,la sobriété ayant pris la place du luxe , les détails des subsistan-ces deviendraient moins compliqués, & moins gênans pour lesopérations. La science du munition n aire consisterait à traînerle moins d’attirails possible, & à tacher de vivre des moyens dupays. L’artillerie , les fortifications s’éclaireroient de plus enplus. Elles suivraient, dans chaque siecle, les progrès des ma-thématiques qui leur servent de base. Mais elles n’éléveroient,ni l’une ni l’autre, des prétentions exclusives & dominantes ,des systèmes qui multiplient les dépenses & les embarras. Ellesne tiendraient, dans les armées & dans les combinaisons militai-res , que le rang qu’elles doivent y avoir ; elles ne seroient,dans les mains des généraux, que des accessoires utilement em-ployés à fortifier les troupes , & à les appuyer. Enfin toutesles branches de la science militaire formeraient un faisceau derayons ; & c’est ce concours de lumières qui, réuni dans l’eípritd’un seul homme, le constituerait général, c’est-à-dire, capablede commander des armées.
II íèroit intéreííant de voir la science militaire se perfection-ner ainsi en se simplifiant, en devenant moins difficile. J’ai ditci-dessus comment la même révolution pourrait se faire dans lapolitique. Elle aurait lieu de-même dans presque toutes les ícien-