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Tome premier.
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introduction. z

la réputation (b) ? Guichard , plus instructif que Folard , fur les faitsde P antiquité , mais n’enscignant rien de la tactique moderne ? Seront-ce ces dissertations fur Tordre de profondeur? Ces systèmes , tour à tour,détruits 6c renouvelles ? Seront-ce toutes ces controverses polémiques ,qui n’ont rien éclairci ? Au milieu de ces ouvrages, on peut trouver desidées utiles, des vues, de l’érudition ; mais avec du génie, avec des lumiè-res , comment n’être pas rebuté de leur aridité , de leurs longueurs , deleur style ? Sans génie , fans lumières , comment y démêler ce petit nom-bre de vérités, perdu dans un abyme d’erreurs ?

Cette disette, en fait d’ouvrages didactiques, n’existe pas également, pourles ouvrages de maximes. César, Rohan, Montecuculi, Turennc , Saxe,le Roi de Pmsse en offriront dans tous les tems à qui saura les entendre: maisil faut remarquer que ces livres ne peuvent pas être mis entre les mains detout le monde ; qu'ils ne peuvent être médités, que par des généraux for-més, ou par des officiers propres à le devenir. La maniéré, dont ces grandshommes ont écrit, n’est ni assez détaillée , ni assez claire ; ils écrivoient,pour fe rendre compte à eux-mêmes, plutôt que pour instruire. C’estainsi que le génie écrit, toutes les fois qu’il ne s’est pas formé le plan biendécidé d’eníeigner. II traite les objets, comme il les a vus, c’est-à-dire ,rapidement 8c en planant fur eux. II ne descend pas dans les détails. IIsupprime-toutes les idées intermédiaires, par lesquelles le commun deshommes fe traîne , avec effort, d’une vérité à Pautre.

Un autre genre d’ouvrages militaires que nous possédons en grandnombre , ce font les mémoires contemporains , les histoires des guerres.Mais combien peu d’hommes font en état de démêler , dans des faits , lesconséquences & les causes ? Combien peu d’hommes savent lire avecfruit? D'ailleurs combien peu de ces ouvrages font instructifs ? Combienpeu font faits par des gens de guerre? Dans la plupart des histoires, je nevois, en fait d’événemens militaires, rien de certain , que le nom des gé-néraux , 8c l’époque des batailles. Ce lont les gazettes du temps, plusou moins éloquemment rédigées. J’avance que dans le genre didactique ,il n’y a presque pas d’ouvrages utiles fur la guerre, qu’il n’y en a sur-tout presque point d’utiles 8c d’intéressans à la fois. Oser ensuite en publierun , c’est me faire soupçonner d’orgueil, c’est peut-être prévenir contremoi. Mais dire que personne n’a écrit avec génie fur la science militaire ,ou n’a plié son génie à écrire avec utilité, ce n’est pas assurer le public

(£) On me trouvera hardi de parler ainsi des deux premiers écrivains militaires de lanation. Mais pour encenser de froides cendres, faut-il trahir son opinion? Faut-il par habi-tude continuer de regarder comme de bons livres dogmatiques, des ouvrages dontles principes font pour la plupart faux ou inutiles ? En réfutant ces ouvrages , en lesrejetant, je ne respecte pas moins leurs auteurs. Ils ont répandu quelques lumièresdans un temps d’ignorance. Eh ! gardons-nous d’imaginer que des hommes qui éclai-rèrent leur liecle , fussent, s’ils revenoient à la vie , les partisans de leurs fanatique*admirateurs. Ils ieteroient les yeux fur l’état de la ícience qu’ils cultivèrent , & avecles lumières qui les entoureroient à leur réveil, ils feroient de nouvelles découvertes.Quand ces hommes écrivirent, n’oserent-ils pas attaquer les erreurs de leur temps, &les ouvrages que les autres siécles avoient honorés ?

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