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Tome premier.
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DE X A C T I Q. u E. Partie L IZ

au bruit de l’artillevie , au concours des autres armes avec la sienne.Dans les exercices des places, on lui feroit contracter l’habitude machi-nale des travaux de tranchée 6c de défense ; on lui apprendrait à cou-per une palissade , à la planter, à dresser une échelle, à attacher unpétard , ou à soutenir les gens qui Rattachent, à ouvrir un creneau , àlavoir sV placer, &c. Accoutumé dans toutes les circonstances à gar-der le silence , à obéir aux signaux , 6c à la voix de ses officiers , àne pas s’emporter au-delà du point attaqué , connoissant enfin toutesles situations que la guerre peut offrir > le soldat la désirerait lans cesse}ou plutôt , au danger près , la paix ellc-même serait pour lui uneguerre continuelle.

II y auroit , dans un système d'éducation pareil , une instructionprogressive 6c relative à tous les grades ; car , où le soldat apprendraitles devoirs de soldat, l’officier subalterne apprendrait à conduire sa trou-pe , le capitaine íà compagnie , le colonel son régiment, l’officier gé-néral sa division , le général son armée.

Je ne parle pas de cette autre partie de l’éducation militaire , quiformerait le courage, les mœurs, les préjugés, partie si importante,mais si négligée , si inconnue à tous les généraux 6c à tous les gou-vernemens , que je ne vois dans l'histoire ancienne 6c moderne qu’unseul homme (a) dont on ait dit, ìl ne lui suffisait pas pue ses soldats fuffientbraves , il voulait qu'ils f uffient honnêtes gens.

11 faudrait donc que l'éducation du soldat embrassât trois objets ,l’un les exercices du corps , le second les exercices d’armes 6c dévo-lutions , le troisième la représentation des différentes situations, où l’onpeut se trouver à la guerre : ce sera là le plan que je suivrai dans moncours de tactique.

Le premier de ces objets, enseigné même hors du service, devroitentrer dans l’éducation de toute la jeunesse du royaume. Qu’en France,où le prince est tout, où son exemple est législateur, où ses mœursdéterminent les mœurs publiques , .un roi veuille ramener ses courti-sans à une vie agissante 6c militaire ; que la sienne soit telle , qu’ilfasse élever ses enfans dans ce principe , qu’il assiste à leurs exercices,qu’il flétrisse de son indifférence les jeunes gens oisifs, voluptueux , igno-rans , qu’il distingue les autres ; bientôt on verra disparaître la mo-losse , le libertinage, la débauche obscure 6c ruineuse , 6c tous les pe-tits vices qui dégradent les grands seigneurs : bientôt à la générationactuelle succédera une génération propre à la guerre 6c à la gloire. Cechamp de Mars que l’herbe «ouvre, 6c dont la Seine baigne inutile-ment les bords, ressemblera à ce champ fameux qu’arrosoit le Tibre ,on s’y exercera à vaincre ; les statues de Henri , de Condé , de Tu-renne , en décoreront l’enceinte, elles crieront à leurs descendans, ces

(«) C’est de Caton commandant les armées Romaines en Espagne que l’hifloire saitce bel éloge.