DE TACTIQUE. Partie L i 7
à notre tactique par-desTus celle des anciens. Ils avoient de l’infanteriepesante 6c de Pinranterie armée à la légere ; ils étoient par conléquentobligés d’avoir une ordonnance pour chacune d’elles. Notre infanterieau contraire réunit les deux propriétés, puisque le fusil armé de sabayonnette est à la fois arme de jet 6c arme de main : elle est propreparle fusil aux combats de jet, 6c parla bayonnette aux combats de choc.
Je ne puis m’empêcher de remarquer ici combien le fusil, armé de fabayonnette, me semble une arme supérieure à toutes celles des anciens.II pourroit cependant encore se perfectionner : on pourroit sur-tout tirerun plus grand parti de la bayonnette. 11 y auroit une forte d’efcrime à ap-prendre, pour se servir de cette arme, pour la croiser, pour empêcherd'en gagner le fort, 6cc. J'aurai occasion de revenir sur cela par la fuite zreprenons l’exposition de mes principes,
L’infanterie étant propre à l’action de feu 8c à faction de choc, il luiFaut une ordonnance qui lui permette Tissage de ces deux propriétés ;6c au cas que la même ordonnance ne puiífe servir pour les deux objets,il faut que de celle qui fera déterminée devoir être l’ordonnance habi-tuelle 6c primitive, elle puisse facilement 6c promptement passer à l’or-donnance accidentelle 6c momentanée , qui remplira lç second objet.Mais laquelle fera l’ordonnance primitive 6c habituelle ? L’ordonnancedc feu , ou celle de choc ? C’est une question qui mérite d’être discutéeavec quelques détails, 6c examinée avec l’attention 1a plus réfléchie : car,comme on l’a dit avant moi, j’ignore l’art d’être clair pour qui ne veutpas être attentif.
Avant que d’être en mesure d’aborder l’ennemi, il saut sc mettre enbataille , il faut arriver à lui, il faut ne pas être détruit , ou mis endésordre par l’effet dc son feu; il fìiut lui faire craindre du feu à sontour} donc il est nécessaire que l’ordonnance primitive 6c habituellesoit l’ordonnance propre au feu , c’est-à-dire l’ordre mince 3 je détermi-nerai ci-après quelle proportion cet ordre devra avoir.
La multiplicité de T artillerie, la science du choix des postes, celledes retranchemens ont rendu aujourd’hui les actions de choc infinimentrares j donc celles de feu étant plus communes, c’est une raison de plus pourque l’ordonnance propre au feu soit l’ordonnance primitive 6c habituelle.
pourroit seul lui faire supporter ; c’est cçt homme , souvent exténué par une modiquenourriture, toujours réduit à boire de seau , privé de toute espece de divertiíîemens,humilié par l’inlblente fainéantile de la livrée, par le mépris du dernier bourgeois,par la dépense que je plus pauvre artisan fait pour sa récréation, les jours de diman-ches &. de fêtes; c’est ce soldat, n’ayant au-dessous de lui, dans la classe des malheu-reux, que l’homme manquant de tout, ou ce journalier de nos campagnes, qui par-tage , avec fa famille, un pain trempé de sueur & de larmes ; c’est lui qui doit dé-fendre la patrie, & verser son sang pour elle ; c’est de lui qu’on a l’injustice d’exigerde f honneur & des vertus : & nos constitutions militaires se bouleversent depuisun íiecle, fans qu’on remedie à ce vice primitif, fans qu’on veuille sentir qu’avantdediscipliner & d’instruire des troupes, il faudrait leur donner de la considération & sosnourrir..
Tome I. Ç