1 6 ESSAI GENERAL
si on ne remet cette profession en honneur, si on n’attache le soldat àelle par des perspectives flatteuses 6c lucratives ; si on n’augmente fapaie : (a) cette paie immobile , depuis deux cens ans, tandis que lesdenrées 6c les salaires ont, de toute part, triplé 6c quadruplé autourd'elle ; si on ne lui fait désirer la guerre , 6c trouver \ A guerre , desrécompenses; si enfin onn’assure des secours à fa vieillesse , a ses blessu-res , à lés infirmités , à fa femme , à ses enfans. Tous ces grands objetsseront remplis dans mon plan de conílitution. Ce plan fera peut-être re-gardé comme un rêve : il fera si éloigné des principes actuels. Mais quem’importe ? Quelques-unes des vérités utiles qu’il renfermera , seront
peut-être adoptées ; quelques autres germeront plus lentement, 6c leurfruit set a recueilli un jour ; en un mot, la totalité de mon ouvrage ,jusques dans es eireuis , fera un monument de mon amour pour lebien. r
TACTIQUE DE LTNFANTER1E.
CHAPITRE I.
Ordonnance de V Infanterie , sa formation '.principes qui doivent déterminer
l'une & Vautre.
J E passe fur les définitions des premiers termes techniques de la ta-ctique. Je n’écris point pour les commençans. Un jour, je réduiraien forme de cours les idées que je vais exposer ici, 6c alors je tâcherai deles présenter d’une maniéré didactique , peut-être plus claire , 6c moinsrébutante , que celle dont on s’est servi jusqu'à présent.
Conílituée 6c armée uniformément, comme elle l’est aujourd’hui, iln’y a plus qu’une forte d’infanterie ; de-là plus qu’une ordonnance , va-riée , à la vérité, suivant les terreins, mais toujours la même dans fabase 6c dans son principe. Voilà un avantage de simplicité que je trouve
C*) Ç’est-là te plus grand de tous les vices actuels de notre constitution. La milerede nos soldats est une des principales causes de l’avilissement de cette profession Dansla plupart des garnisons d u royaume , ils n’ont pas de quoi se nourrir 1] est incrova-b e par quelle complication de petits détails . de moyens paríimonieux & abusifs ìeschefs des corps sont obligés de suppléer à la modicité de la solde. C’est avec 6(1 kpar jour , que Ie rol Pie , habille , équippe & nourrit un soldat. C’est avec 3s .étant prélevées les. retenues pour la massie d'habillement , pour celle de linge Lc dechaussure, pour la livre■ & demie de pain, souvent d’une qualité très-mediocre , qu’onlui donne , que ce soldat est obligé de pourvoir à sa subsistance & à son entretien jour-f a * ier ‘. ^ ^ avec cela qu il saut qu’il soit poudré , ciré , vernissé , en un mot , sanstrou m tache. C est ce soldat, attristé de son état , fatigué de ce qu’on exige de luienchaîné par la discipline . surchargé . dans ses casernes , d’une infinité de petites rè-gles monastiques néceflaires sans doute , mais que ion attachement à fa profession
* pourroit
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