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Tome premier.
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30 ESSAI GENERAL

premier pas, le soldat portera la jambe droite en avant, en sorte queson talon fe porte à la hauteur de la pointe du pied gauche , 6c par con-séquent environ six pouces de l’alignement des talons ; 6c au secondtems de ce second pas, le pied droit s’avauçant encore de douze pouces,le corps bien droit 6c accompagnant toujours la jambe , le pas de dix-huit pouces fera fini, 8c l'on aura le talon gauche levé pour faire letroisième pas ; ainsi des autres.

II faut observer que le transport du corps en accompagnant la jambeau second tems , ne soit point trop précipité ; mais que le corps semeuve 6c suive la jambe sans s’élancer comme par ressort. 11 faut aussiobserver que la jambe se meuve avec facilité sans frire agir les musclesabaisseurs du pied , 6c ce pied étant, comme je l’ai déja dit, à plat 6c "parallèle à la terre.

Lorsqu’une fois le soldat aura bien compris la nature, du pas 8c qu’ill’exécutera avec fermeté 6c justesse , il ne marquera plus les tems ; con-séquemment le transport du corps deviendra plus liaçt, le buste fera tou-jours droit 6c bien placé fur les hanches d’où partira le mouvement, 8cil ne restera à ce mouvement que le peu de ressort nécessaire pour don-ner de la gravité 8c du ton à la marche.

Quelqu’un me dira : cette forme de pas est-elle naturelle à l'homme ?Pourquoi ne pas abandonner le soldat à son pas libre , au pas dont il mar-cheroit hors de l’école ? Je répondrai qu’il est ici question d’un pas mesuré,cadencé , dont la forme 6c la vitesse soient tout-à-fait communes à toutesles jambes d’un bataillon ; qu’il faut pour cela des principes, une métho-de , une espece de pas à ressort, au moyen duquel on puisse dire aveccertitude , une troupe parcourra tant de terrein en tant de minutes. Aurgste lés hommes ont-ils une forme de pas invariable 6c uniforme ? J’aiobservé cela avec soin ; chaque classe d’hommes , chaque nation a fa dé-marche comme fa physionomie. Qu’on voie marcher un Basque ou unAllemand i un Hollandois ou un Provençal j un homme élevé dans lesvilles ou un habitant de. la campagne ; un laboureur ou un artiste ; onreconnoîtra ces différences ; on en appercevra même dans la marche dedeux freres, nés dans le même climat, àc élevés dans le même métier ; l’unbaissera la pointe du pied , l’autre marchera du talon ; l’un marchera pe-samment 6c lentement, l’autre avec légèreté 8c vitesse , effets infailliblesde la différence de leurs constitutions, de celle de leurs caractères, 6c dupli machinal 6c particulier de mouvement que leurs jambes auront con-tracté dans l’enfance,. II n’y a qu’un seul point sur lequel le méchanismede la marche s’opere semblablement chez tous les hommes. Tous accom-pagnent de leurs corps le transport de la jambe , tous portent alternative-ment le poids du corps fur la jambe qui est à terre, 8c levent, en mêmetems qu’ils posent cette jambé à terre , le pied opposé qui va former lesecond pas. En cela les principes de mon pas d’école sont justes 8c con-formes à la nature. En veut-on une preuve ? Qu’on arrête à l’improviíte,dans la rue , fur un chemin , un homme abanclonné à la marche libre 8c