36 ESSAI GENERAL
peu il faut s’occuper de l’alignement. Poursuivons ce qui concerne la
marche d’un régiment.
Les bataillons, une fois bien affermis à la marche fur des surfacesunies, il faudra, ainsi que je l’ai prescrit pour les compagnies, les meneren plein champ , d’abord dans des plaines Sc ensuite dans des terreinsinégaux Sc coupés. Là, les exercices deviendront vraiment utiles Sc ana-logues à la guerre -, T œil des officiers s’accoutumera à l’immensitéSc au choix des points de vue. La marche perdra nécessairement un peude cette perfection, de cet accord de mouvement qu’elle avoit fur lesesplanades ; mais elle deviendra plus militaire , plus décidée ; les officierssupérieurs apprendront àconnoitre combien l’inégalité Sc Pondulation plusou mo ins forte des terreins influe fur l’afpect du pays, fur le toisé del’ceil, sur la possibilité de l’aligncment, sur Pensemble , Sc sur la vîteíîede la marche. Là, les bataillons seront particulièrement exercés à par-courir jusqu’à trois ou quatre cent toises de fuite au pas doublé, fortede marche beaucoup trop négligée dans nos exercices actuels. Là , s’ils’offre à eux une haie, un fossé, un ravin, on verra lequel des bataillonsprésentés devant cet obstacle , le passera avec le plus de promptitude ,d’ordre Sc de silence ; là, s’il s’offre une hauteur, qui militairement fûtimportante à occuper , on sçaura détacher un bataillon au pas de lacourse pour aller la couronner -, on 1 q aura , pour mettre en activité l’é-mulation , Sc donner plus de vérité à cet exercice , faire partir un ba-taillon d’un point également éloigné , peur tâcher de l’y prévenir.Toutes ces manœuvres ne feront que des jeux pour mes soldats, exer-cés par mon plan (P éducation au faut, à la course, à tout ce qui peutaugmenter l’agilité Sc la force.
Mais combien d’autres démonstrations locales Sc sensibles peuventdans ce genre former l’intelligcnce Sc le coup d’œil des officiers ! Jeme suppose dans le terrein A ( Planche l. ) exerçant trois bataillons àla marche. Je ne dirigerai jamais la marche de ces bataillons qu’en pre-nant des points de vue dans la campagne. Je me dirai, par exemple, lebuisson B, Sc P arbre C, sont les sommets des deux perpendiculaires àP extrémité de mes ailes. Je donnerai en conséquence ces points de vueaux officiers qui conduisent mes bataillons. Arrivé là, je verrai si desperpendiculaires abaissées de ces deux points B, C, entre lesquels feroitcontenu mon nouveau front, tomberaient exactement fur les points D,E, auxquels appuyoit mon ancien front. Voulant me remettre ensuiteen marche de ma seconde position pour aller à- cinq ou six cens pasen occuper une autre qui lui feroit parallèle, 8c dont les extrémités fe-roient perpendiculaires aux points où elle appuie, je dirai aux troisofficiers qui sont au centre de mes bataillons, de prendre des points devue ,• afin de marcher perpendiculairement 8c quarrément devant eux,je me ferai montrer par chacun d’eux les points de vue qu’ils aurontchoisis. Ces points seront, je suppose F pour le premier bataillon, Gpour le second, H pour le -troisième, 8c je Ferai laisser un sergent,