DE T A C T I Q^U E. Partie I. yj
ou un soldat aux places qu’ils occupoient fur l’alignement de l’ancienfront. Lorsque les bataillons ainsi dirigés auront marché pendant deuxminutes, je commanderai halte, Sc alors je verrai r°. si mes officiersfont dans la direction de leurs points de vue; 2 A si ces points de vuefont dans la perpendiculaire de Fancienne base jalonnée par les sergensou soldats que j’y aurai laissés, Sc si par conséquent mon nouveau frontest exactement parallèle à F ancien. Je trouverai tous ces objets remplis,si mon régiment se trouve arrêté dans la position I, K. Si au contraireil étoit arrêté en L, M, son alignement feroit en fausse équerre parrapport à F ancien ; ce qui ne pourroit provenir que de ce que les offi-ciers , chargés de diriger les bataillons, n’auroicnt pas marché un pasde même étendue Sc vitesse. Je connoîtrai ensuite sur qui tombe la souteen sachant le nombre de minutes que la ligne a marché , Sc le nombrede toises que chaque officiera parcouru; car supposons qu’on ait mar-ché deux minutes au pas doublé , cela auroit dû rendre trois cens vingtpas ou quatre vingt toiles, Sc porter le bataillon sor l’alignement L, K.Or les bataillons se trouVant en L, M, l’officier du premier bataillonse feroit trompé de six toises, l’officier du second de douze, Sc Foffi-cier du troisième de dix-huit. Je jugerois de la même maniéré la soutede chaque officier si les bataillons lë trouvoient sor de fausses équerresséparées, comme par exemple en N, O, P. : voilà pour Falignemcnt.Quant à la direction perpendiculaire de la marche, si les bataillons aulieu d’arriver à la position K, I, í’e trouvoient arrêtés dans tout autrepoint comme en Qj R, ce feroit ou parce que les officiers n’auroientpoint marché dans la direction de leur point de vue F, G, H, ouparce qu’ils n’auroient pas choisi F, G, H, pour points de vue,mais S, T, V, d’où des lignes abaissées ne tombent pas perpendicu-lairement sor Fancienne position d’où ils seroient partis. Si enfin lestrois bataillons se trouvoient en X, Y, Z, l’officier du premier batail-lon auroit bien pris son point de vue ; mais les officiers du second Lc dutroisième, ayant mal pris le leur, auroient mal dirigé leurs bataillons Lcouvert leurs intervalles de quelques toises sor la gauche.
Enfin, pour faire sentir par un exemple, combien les principes expo-sés ci-dessus ne font ni minutieux ni superflus, je supposé que F ennemisoit en bataille, ía droite appuyée au ravin A. Planche 11. & sa gaucheen B. Je détacherai même, pour rendre la chose plus sensible, unbataillon qui garnira cette position. Je suppose ensuite devoir attaquer,avec mes deux bataillons, Fennemi ainsi posté, Lc en conséquence voicimon raisonnement Lc ma disposition. Je suis plus fort que Fennemi, jele déborde, Lc il ne peut être tourné qu’à fa gauche ; donc Fofficier del’aile du bataillon de ma gauche doit le diriger sor l’extrêmité de l’ailedroite de Fennemi, Lc conduire le mouvement en conséquence; Foffi-cier du centre de mon premier bataillon doit prendre pour point de vuel’extrêmité de F aile gauche de Fennemi ; Lc le demi-bataillon dont jedéborde cet ennemi, marcher par une direction séparée, F envelopper,