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Tome premier.
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DE TACTIQUE. Pari. L 39

circonstance dans laquelle il fera nécessaire d’apporter une grande accé-lération de mouvement. Ainsi, pour prévenir l’ennemi iur un pointessentiel, pour gagner son flanc , pour lé mettre en bataille avant lui,& être en état de le charger avant qu'il ne soit formé, &V. ce pasdoit être porté au dernier dégré de vitesse ; mais alors je n’y assujettisplus le soldat ni à l’égalité d’étendue , ni à l’accord des mouvemcns,ni à l’ordre symmétrique des files. II me suffit qu’on marche en silen-ce , que les files ne se confondent pas , qu’elles ne dévancent pas les of-ficiers & qu’au commandement halte ou fronts les soldats se serrent, s’ar-rêtent, & se placent.

C’est ici le lieu de parler de l r usage qu’on devroit faire des instrumensmilitaires pour animer Lc pour soutenir la marche des troupes. II sem-ble qu’aujourd’hui nous n’en ayons plus que la forme ; à la vérité, il est àpropos qu’ils soient bannis des écoles, afin que le soldat s’accoutu-me de lui-même & fans secours, à l’accord de mouvement, d’étendueLc de vitesse du pas ; mais toutes les fois que les bataillons seront réunis,toutes les fois qu’ils exerceront en terrein libre & ouvert, il faut queles tambours Lc la musique accompagnent leur marche Lc leurs mouve-mens j il le faut à plus forte raison devant l’ennemi où l’ame du soldata bien plus besoin d’ctre échauffée Lc soutenue. Je desirerois pour celaque nos instrumens fussent plus sonores, plus éclatans, que le rithraede notre musique fût plus vif, plus ferré, plus adapté à la différencedes circonstances Lc des mouvemens ; qu’il y eût, par exemple, desairs consacrés au combat, joués à la guerre Lc pendant les combats feu-lement ; des airs dont alors les modulations fussent au plus haut degréde chaleur , Lc de véhémence. Nos organes auroient-ils changé ? Lamusique auroit-elle dégénéré ? Se seroit-efle amollie , affaiblie ? Ou biendoit-on traiter de fable ce que l’histoire rapporte de ce Timothée , de cetair phrygien qui forçoit les peuples de la Grece à courir aux armes ?

II me reste à parler de la marche de route. Comme elle n’a pourobjet, que de faire faire chemin à une troupe de la maniéré la moins

E énible Lc la plus commode , il faut que le soldat y prenne son pas li-re Lc naturel, bien entendu toutefois que ce pas ne pourra être de lamême vitesse que celui -d’un homme qui marcheroit seul, parce qu’icile soldat est chargé de ses armes Lc de son bagage , fait partie d’unecolonne nombreuse, Lc est par conséquent assujetti à un certain ordre.Ce sera donc à l’officier qui conduira la colonne , à régler la vitesse du3as dont elle devra marcher relativement à la nature du chemin, à faongueur, aux objets que l’infanterie devra remplir à son arrivée, à! ’espece d’hommes de cette infanterie, au poids dont ils sont chargés ,à la profondeur de la colonne. On volt par-là combien il est nécessaireque les officiers supérieurs soient habitués à conduire des colonnes d’in-fanterie , marchant eux-mêmes à pied à leur tête , Lc réglant la vitessede la marche. Cette habitude peut feule leur apprendre combien de temsune troupe doit employer à faire tant ou tant de chemin , dans tel ou tel