Band 
Tome premier.
Seite
38
JPEG-Download
 

;8 ESSAI GENERAL

8c lui gagner le flanc. Toutes ces directions étant bien suivies, en voicile résultat. Un bataillon & demi viennent appuyer au ravin, qui couvrel’aile droite de l’ennemi, 8c attaquent à la fois tout son front, tandis quele demi-bataillon de la droite gagne son flanc en triplant le pas. Si aucontraire je n’ai point pris mes points dq vue, ou que mes officiersn'aient pas su diriger leur marche vers eux, mon second bataillon se je-tant fur la gauche, va tomber fur le ravin, est obligé de le passer 8c dese morcelles, ou.de se doubler 8c d’arriver en désordre; & mon pre-mier bataillon , se' jetant de-même sur la gauche , perd l'avantage qu'ila de déborder l’ennemi, 8c court peut-être risque de se faire déborderlui-même. Enfin si mes bataillons n’ont pas marché un pas de mêmeétendue 8c de même vitesse, au lieu de se. présenter parallèlement àl’ennemi, i-ls arrivent, comme en C, D , ne sabordent ainsi que furune partie de son front, 8c n’apportent conséquemment pas le mêmeconcert ù leur attaque. Mais comme de raison, tous ces détails, cettethéorie de principes n’auront lieu aux exercices des régimens’, que deuxou trois fois seulement, 8c uniquement pour éclairer l’intelligence desofficiers, 8c pour mettre la conviction à côté du précepte. Les écoles,propres à former le coup d’oeil, étant plus particulièrement relatives àces derniers, elles se tiendront ordinairement lans les bataillons ; car il nefaut ni fatiguer le soldat des fautes de l’officicr, ni humilier l’officier enl’instruifint 8c en le reprenant devant le soldat.

Dans l’exposition rapide 8c serrée que j’ai voulu faire de mes princi-pes fur les marches , j’ai oublié de dire plusieurs choses, que je vaisreprendre ; mon ouvrage n’étant point didactique, j'use de mes droits.J’ecris mes idées presque comme elles sc présentent à moi.

Je n’admets point l’usage du petit pas, parce que je crois que le pasordinaire, 8c le pas doublé étant de deux degrés de vitesse différons,suffisent pour l’exécution de toutes les manoeuvres possibles; d’ailleurs,en supprimant le petit pas, il n'est plus question que d’enseigner auxsoldats un pas d’une même mesure , 8c qui différé seulement'par ía vitesse.

Je veux que , dans les écoles , on apprenne aux soldats à marcher lepas en arriéré , mais uniquement quinze ou vingt pas de fuite au plus,8c par compagnie seulement ; cette espece de marche n’étant bonneque pour raligner les troupes , 8c les remettre à hauteur l’une de l’au-tre , lans être obligé de leur faire faire des demi-tours à droite.

Pour achever enfin d’établir mon opinion fur l’usage des différentesmesures de pas, 8c les circonstances dans lesquelles il faut les employer,je regarde le pas ordinaire , comme le pas de principe 8c de parade ; lepas doublé, comme celui de manœuvre 8c de charge , comme le pasvraiment militaire : le pas triplé , ou ce que j’appelle le.pas de course ,parce qu’il ne peut être assujetti à aucun dégré de vitesse fixe , 8c quece dégre doit augmenter à raison de l’importance de prevenir l’enne-mi , des distances à parcourir, 8c de la nature de f objet, qu’on auraà remplir après savoir parcouru , je le regarde comme le pas de toute