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DE TACTIQUE. Part. I. 45
ar une suite de cette divergence, à. «'élever au-dessus d’elle, jusqu’;!a hauteur d’environ un pied 6c demi ou deux pieds, qui est le point de faplus grande élévation.
II luit delà, que pour qu’une balle de fusil atteigne au but que l’on veutfrapper , il ne faut pas toujours précisément prendre fa visée vers ce but,êc qu’il faut mirer au-dessus ou au-dessous de lui, suivant que ce but estplus ou moins éloigné. Soit un but haut de six pieds 6c partagé en troisdimensions de deux pieds chacune, il n’y a aucune distance a laquelleií saille viser deux pieds plus bas que la ligne horifontale fur laquelle cebut est planté , puifqu’alors ce qui pourroìt arriver de plus heureux feroitde l'atteindre à fa base. Si l’on est à f o ou 60 toises , il faut viser dans làdimension du milieu , pour atteindre à la dimension supérieure ; ou biendans la dimension inférieure , pour atteindre à la dimension du milieu >si l’on est à xoo toises, il faut viser au haut de la dimension infé-rieure , pour frapper dans la dimension du milieu ; ou au haut de la di-mension du milieu , pour frapper dans la dimension supérieure. Si enfinle but est éloigné de plus de 100 toises, il faut viser au-dessus de luipour frapper les dimensions inférieures, 8c de plus en plus s'élever sui-vant que le but fera plus éloigné. Ce principe de ne viser jamais préci-sément au but qu’on veut atteindre, est confirmé par l’expérience < 3 eschasseurs. Ceux qui tuent à tout coup ne tirent jamais en ayant parfai-tement le gibier fur la ligne de mire de leur fusil ; no» feulement ils ti-rent à l’endroit où fera la piece de gibier , lorsque leur coup y arrivera jmais ils visent plus au-dessous ou au-dessus, suivant l'éloignement du butqu'ils veulent frapper.
Concluons que le feu de moufqueterie des troupes peut être soumis àune théorie > cependant, bien loin de l’être, il s’execute au hazard 6cmachinalement. C’est qu’il n’y à peut-êfre pas dix officiers d’infanterieui connoissent la construction du fusil, & qui aient réfléchi fur le jetes mobiles qu’il peut lancer. Auffi ne donne-t-on au soldat aucun prin-cipe fur la maniéré d’ajuster ; il tire comme il veut, quelles que soient ladistance 6c la situation des objets. C’est particulièrement aux exercicesde cible dé j a beaucoup trop rares, que cette ignorance 6c ce défaut deprincipes font bien sensibles. J’aurai occasion d’y revenir tout-à-l’heure.
A l'égard de la portée du fusil, toutes les expériences qu’on a faitespour en constater la longueur , n’ont rien déterminé de précis. On a vusouvent dans ces expériences deux balles tirées par deux fusils de mêmecalibre, fous le même angle de projection 6c avec des charges égales, por-ter à des distances inégales , soit en raison de la force du bras qui les avoitchargés, soit en raison de la densité plus ou moins grande 1 de l’air,soit aussi par rapport à la qualité de la poudre , à son degré de siccité , àfa disposition dans le cylindre , à la prom ptitude de fa dilatation , &V.
Tout ce qu’on peut dire de certain , c’est que la portée des fusils,dont notre infanterie est armée, est/ sous une direction à peu près horison-tale d’environ x 80 toises ; c’est pour cela que , dans la construction des
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