Band 
Tome premier.
Seite
44
JPEG-Download
 

44 ESSAI G E N E R A L

places de guerre , on 'a déterminé entre' 12.0 6c 140 toises la ligné de dé-fense , depuis le flanc jusqu’à sangle flanqué, le reste de la portée de-vant passer le foísé Lc atteindre le chemin couvert. Je ne parle pas desportées fous des angles de projection trop élevés, parce qu’à la guerreon ne doit presque jamais tirer ainsi & qu’elles sont aussi incalculablesqu’incertaines ; les balles frappent alors Communément jusqu’à cinq ousix cens toises, Lc quelquefois à des distances bien plus éloignées. Cequ’il y a de certain encore , c’est qu’une balle tirée à charge ordinaire defusil, Lc suivant une ligne parallèle à l’horison , né décline guere de plusd’un pied Lc demi ou deux pieds avant d’atteindre à deux cent toises,tandis qu’un trait lancé par l’arbalete , qui de toutes les armes de jet estcelle qui chaste un corps avec le plus de ròideur Lc de vitesse, baisse detrois pieds avant d’arriver à un but dé ■ f o toises feulement.

Quoique la portée horisontale du fusil puisse être estimée jusqu’à 18òtoises, ce n’effc guere qu’à 80 que lé feu de l’infanterie commence àavoir un grand effet. Je parle de rínfanterie rangée en bataille Lc dansle tumulte du combat.Par delà cette distance,les coups deviennent incer-tains j parce que le soldat charge Lc ajuste mal, vite , Lc avec trouble.Ces bataillons Prussiens dont on a cru 1 Lc dont quelques gens croient peut-être encore le feu íì'redoutable , font ceux dont le feù est le moins meur-trier. Leur premíere déchargé a de 1 a portée Lc de l’effet, parce que cepremier coup, ahargé hors du combat, l’est avec exactitude ; mais en-suite Lc dans le tumulte de faction , ils chargent à la hâte Lc fans bour-rer. On leur a dit que la plus grande perfection de l’exercice à feu étoitde tirer le plus grand nombre possible de coups par minute ; en consé-quence ils n’ajustent point. Une manière de mouvement machinal, Lccomme de ressort, place leur arme contre l’épaule , au lieu de soutenirle fusil dans la direction horisontale ,• ce qui exígeroit qu’il portât avecforce fur la main gauche, à-peu-près comme les anciens mousquetonstrouvaient leur appui fur la fourchette ’/ ils trouvent plus commode dene pas fe fatiguer , Lc laissent tomber le fusil extrêmement bas 5 ainsi lecoup part fans que l’œil l’ait dirigé Lc la balle va mourir dans la poussièreau quart de fa portée. Toutes les troupes de l’Europe cependant sédui-tes par 1 a beauté des exercices à feu Prussiens , par la célérité de leurchargement , par l’ensemble 8c 1a correspondance de leurs décharges ,ont cherché à les imiter. Nos régimehs Allemands, dont la politiqueest d’introduire chez nous les pratiques 1 étrangères & de les abandonneraussi-tôt que nous les avons adoptées, pour fe donner le mérite de quel-qu’autre invention nouvelle , y ont introduit k manie de ces exercices àfeu, Lc bientôt il n’a été question dans uos écoles que dc k vitesse duchargement. On s’occupe de cetté^ célérité àux dépens dé k manièred ajuster ; on n’a aucune idée de la véritable théorie des tirs ; on don-ne pour principe des lieux communs, vuides de sens Lc de réflexion. 'Ti-rez vite , dit-on aux soldats, comme' si le bruit riioit ; ajustez au milieu ducorps , comme si ce principe pouvoir être général, quelles que soient