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Tome premier.
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f o ESSAI GENERAL

que fera un bataillon trop ferré dans fa retraite par des tirailleurs soit àpied, soit à cheval, pour fe retourner 8c faire une décharge qui les éloi-gne. Je n’appelle pas non plus de ce nom la décharge que quelques offi-ciers croient qu’il seroit à propos de faire à quarante pas de Pennemi,8c après avoir essuyé la sienne, pour lui en faire une générale, jeter dudésordre dans ses bataillons, 8c courir ensuite à la charge.

Ce que j'appelle feu en marchant 8c ce que tout homme qui voudraréfléchir, trouvera inadmissible comme moi, c’est le feu que j'ai vu pra-tiquer à quelques troupes, les soldats de deux rangs tirant fans cesser demarcher, mais marchant, comme on peut le croire, à pas de tortue jc’est celui que les troupes Prussiennes appellent/<?« de charge, 8c qui con-siste en des décharges combinées 8c alternatives de pelotons, de division,de demi-bataillon ou de bataillon, les parties de ligne qui ont tiré mar-chant au pas doublé, 8c celles qui n’ont pas tiré au petit pas. Outreque dans ce dernier feu, on n’avancepas, ce qui est contraire à toutesvues militaires, si le feu qu’on fait peut atteindre l’ennemi, le sien peutatteindre à son tour; 8c quel homme de guerre ne sentira pas qu’alorscette ligne morcellée, cette combinaison d’échiquiers, d’intervallcs, depas differens, de commandemens perpétuels, est. impratiquable a laguerre, que le feu de Pennemi tuera des officiers majors, suspendra Per-dre alternatif de ces feux, fera rejeter machinalement les troupes furles intervalles, 8c qu’une fois ces intervalles confondus 8c altérés, la li-gne ne fera plus que masse 8c désordre.

Ce principe posé, qu’il n’y a que les feux de pied ferme qui soientpratiquables a la guerre, je pense encore devoir rejeter notre maniéré detirer par pelotons, par divisions, 8c par quart de rang , le feu com-mençant ou par le centre ou par les ailes, 8c continuant ensuite avecharmonie 8c précision, de maniéré que le peloton d’une aile ayant tiré ,le peloton correspondant de P autre aile lui réponde, 8c ainsi des autres,chose impossible au milieu des pertes 8c du tumulte d’un combat.

Je veux donc que dans tous les feux fractionnés de bataillon, il n’y aitd’autre réglé que celle-ci : les deux parties couplées 8c voisines formantou le peloton, ou la division, ou le bataillon, tireront comme si ellesétoient seules 8c indépendantes du bataillon , le dcmi-pcloton, la demi-division ou le demi-bataillon de la droite commençant, je suppose, lefeu ; ensuite la partie de la gauche ; 8c ainsi dans chaque fraction, chaquepartie observant seulement de ne pas tirer que l’autre n’ait fini de char-ger , afin que le feu soit le plus qu’il fera possible égal 8c continu fur tou-tes les parties du front.

Outre ce feu, j'exercerai encore les bataillons à tirer au commande-ment de l’officier par un, par deux, 8c par trois rangs. Je les accou-tumerai aussi à exécuter le feu à volonté, ou autrement appellé de bille-baude, ce feu se montant dans chaque compagnie par les files des ailes, 8cune fois monté continuant fans aue le soldat soit assujetti à d’autres réglésqu’à faire silence, ne pas confondre les files, 8c cesser le feu au roulement