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pour porter ses armes 8c être prêt à exécuter ce qu’on lui ordonnera.v 11 est temps de parler de l’usage qu’on doit faire de ces différensfeux 8c des circonstances auxquelles chacun d’eux est propre. Le feu
K dotons ou par divisions est celui où l’officier est le plus le maîtretroupe, mais il ne convient guere qu’à de l’infanterie postée 8cvoulant éloigner 8c contenir des attaques irrégulicres 8c peu vives. IIest encore plus particulièrement propre aux postes d’infanterie retran-chés, lorsqu’ils lont harcelés 8c qu’ils veulent ménager leurs munitions.Aussi toute troupe détachée de son bataillon doit-elle être fur le champpartagée par l’officier qui la commande , en deux, trois ou quatre divi-sions suivant sa force.
Le feu par un ou par plusieurs rangs est, je crois, le seul propre con-tre la cavalerie 8c pour la défense d’un abattis, ou d’un poste que l’en-nemi attaquerait décidément 8c la bayonnette au bout du fusil, parceque c’est le seul qui donne, si je peux m’ex primer ainsi, une masse defeux capable d’arrêter 8c de renverser de grands efforts ; mais il faut,comme je le dis, ne l’employer que quand l’ennemi est ébranlé pourune attaque de vive force, 8c ménager la conduite de ce feu de maniéréque les deux derniers rangs fassent leur derniere décharge quand il està vingt-cinq pas, 8c que le premier rang réserve la sienne pour la faireà bout touchant. Je proposerai ailleurs les moyens qu’il faut ajouter aufeu pour mettre l’infanterie à l’abri d’être vaincue par la cavalerie ; carsi cette derniere parvenant à joindre à un bon ordre, la plus grande im-
Î iétuosité 8c vélocité de mouvemens possibles, l’infanterie ne tait pas deon côté des changemens dans son système de défense, il n’y aura pas defeu, si bien dirigé qu’il soit, qui puisse la mettre à l’abri de la violencede son choc.
Le feu de billebaude est enfin le seul qui doive avoir lieu dans uncombat de mousqueterie ; par delà deux décharges essuyées 8c rendues,il n’y a pas d’effort de discipline qui puisse empêcher un feu compliqué.8c régulier de dégénérer en feu de volonté. Ce feu est le plus vif 8c leplus meurtrier de tous ; il échauffe la tête du soldat; il l’etourdit furiedanger; il convient particulièrement à la vivacité 8c à l’adresse Fran-çoise ; l’essentiel est seulement d’accoutumer le soldat à le cesser au si-gnal , 8c à garder le silence. Autrefois on regardoit cela comme impos-sible; aujourd’hui on y parviendra facilement. J’ai vu--dans une bataillede la derniere guerre un régiment exécuter ce feu fous celui de l’ennemien le commençant 8c le finissant au signal d’un roulement. Ce régiment(a) qui, par parenthèse, n’étoit levé que depuis quatre ans, combattaitpar-tout avec la même discipline 8c la même valeur, tant il est vrai que toutdépend des officiers 8c des documens fur lesquels une troupe est formée.
(4) Royal Deux-Ponts. C’est à Filingshausen que jel’ai vu exécuter ce que je citeci-dessus.
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