s<5 ESSAI GENERAL
Le bataillon étant au moment d’eíTuyer la charge de la cavalerie , troissoldats de l’aile droite de chaque compagnie iront à dix pas en avant 6c enarriéré du front planter les piquets 6c y attacher les cordes , laissant cesdernieres à demi-lâches. Cette barrière portative 6c mobile fera ferméedans un instant, parce qu’on aura des soldats dressés à enfoncer 6c à enle-ver promptement ces piquets. Quelque mouvement que fasse le bataillonsoit en avant, soit en retraite , soit en marchant par son flanc , les soldatsqui porteront les piquets 6c les cordes marchant à hauteur des ailes de leurcompagnie, s’arrêteront au commandement de halte 6c tendront le re-tranchement. Comment s’y prendra la cavalerie ennemie pour surmontercet obstacle ? Détachera-t-clle en avant d’elle des cavaliers d'élite pourtenter de couper les cordes ? io. Une corde de l’espece de celles que je
S ose , élevée à quatre pieds de terre 6c tendue à demi-lâche, fera dif-:ment coupée à coups de sabre. 2 . 0 . J’attacherai cinq ou six soldatsdes meilleurs tireurs fur ces enfans perdus ; ainsi il est apparent qu’ils n’ar-riveront pas jusqu’à elle. La cavalerie fera-t-elle sa charge en ligne ? Sonabord sera rompu par cet obstacle ; dès-lors plus de vitesse , plus d’una-nimité de mouvement, plus de choc par conséquent.
Ce retranchement beaucoup plus simple, beaucoup plus portatif quedes chevaux de frise 6c toute autre espece d’obstacles imaginés jufqu’ici,ne sera pas d’une moindre défense dans le cas où l’on seroit attaqué parde l’infanterie supérieure en nombre. II ne gêne en rien les meuve mensde la troupe qui en est couverte. Veut-elle faire un mouvement de char-ge ? On défait les crochets, les cordes tombent, 6c elle passe entre lespiquets. Des soldats laissés derrière enlèvent ensuite le retranchement,6c rejoignent le bataillon. Voilà des avantages que n’avoient ni ces che-vaux de frise qu’il falloit monter 6c démonter 6c distribuer par piece auxsoldats ; ni ces barrières tournantes , machine lourde 6c compliquée,
f iroposéc par quelques auteurs ; ni ces pieux, dont se servit si utilement'infanterie Angloise aux batailles de Crecy 6c d’Azincourt. .
Achevons d’expliquer l’ordre dans lequel je veux que l’infanterie at-tende le choc de la cavalerie. Mon bataillon fera fur six de hauteur, cou-vert en avant 6c en arriéré d’un retranchement mobile 6c solide; la com-pagnie de grenadiers 8c la compagnie de chasseurs, ou les deux compa-gnies d’élite de quelque maniéré qu’on veuille les appeller, qui occu-pent les ailes du bataillon , feront au moment de la disposition de chargeun demi-quart de conversion en arriéré , pour former fur les flancs dubataillon, deux especes de crochets obliques, dont les extrémités, ap-puyées au bataillon, seront arrondies, bien entendu que lesdites compa-gnies seront aussi enfermées 6c couvertes par leur retranchement.
Si
jouteroit presque rien à son poids. Avec les fusils de deux rangs, quand on seroit sursix ou en colonne, il y auroit une maniéré d’entrelaflemcnt à trouver qui rendroit ceretranchement très-solide & très-redoutable.
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