DE T A C T I 'Q_U E. Part. 1 . 57
Si j’ai dq canon, je le placerai à chaque angle saillant du crochet, dcmaniéré qu’il serve d’augmentation de retranchement à cette partie sta-ble de la disposition, Se qu’il puisse croiser son feu sur le front du ba-taillon, ou défendre directement P angle si l’ennemi fe porte sur lui. Lafigure i. de la Planche /^"représente le bataillon A disposé de cette maniéré.
Ce n’est pas tout encore : indépendamment de ce que , par le moyendes tirs obliques, je fq aurai croiser mes feux fur le front du bataillon -,quelquefois pour m’assurer davantage ces directions, je fçaurai courberl’alignement de mon bataillon en tenant son centre un peu en arriérécomme en B ; une autre fois, pouvant appuyer une de mes ailc-s à un ob-stacle naturel, comme le ravin C, qui empochera qu’on ne tourne monflanc gauche, & qu’on ne m’attaque par le derrière de ce flanc, je po-sterai la compagnie d’élite qui est à cette aile en D , de maniéré qu’elleflanque tout mon front : car les deux compagnies d'élite des ailes fontcomme deux flancs mobiles, avec lesquels je peux protéger tour à tourles deux fronts de ma disposition que je regarde comme mes courtines.
Faisant application de ces principes à un plus grand nombre de trou-pes, si je dois, par exemple, soutenir une charge de cavalerie avec qua-tre bataillons, je les formerai fur six de hauteur, puis je les réunirai Scles disposerai comme dans la figure i. ( PI. JF) , chaque bataillon étant ìdix pas en arriére de celui qui est à fa droite, & appuyant à l’extrémitédu flanc formé par sii compagnie de gauche ; de maniéré que ma ligne for-mant une efpece de cremaillere , chaque bataillon fe trouve,lorsqu’il feraattaqué, flanqué par la compagnie d’élite de la gauche du bataillon voi-sin. Si mes bataillons formés fur six-, n’ont pas Te temps de fe réunir, jeles disposerai comme dans la fig. 3. (PI. 1 F) fans craindre que l’ennemivienne passer entre les intervalles qui feront battus par les feux croisésde mes flancs & dc mon canon.
Dans l’un & l’autre cas je profiterai enfin de toutes les ressources queme fournira le terrein : si j’ai une de mes ailes appuyée à un obstacle quila couvre, je formerai le bataillon de cette aile obliquement pour flanquertout le front de ma ligne. Si j’ai fur mes flancs ou derrière moi un ravin,ou un fossé, j’y jeterai quelques fusiliers ; ces troupes enterrées & ina-taquables prendront des revers fur l’ennemi & jeteront du désordre dansfes escadrons, supposés occupés à manœuvrer fur mes ailes Sc derrière moi.
11 n’y a dans les dispositions que je viens d’expliquer, rien de difficileSc de compliqué ; il n’est question que de replier les ailes des batail-lons en crochet oblique , ou de quelque courbure dans l’ali'gnement,ou de porter les bataillons en arriéré ae quelques pas : ces dispositionsfe feront dans un moment ; les officiers instruits de la théorie des tirsles prendront d’eux-mémcs & par habitude. Au doublement des rangsprès, dont je uc me servirai que contre la cavalerie, je pourrai*encoreemployer toutes ces dispositions contre une infanterie plus nombreuseque la mienne, & à laquelle il seroit imprudent de marcher l’épée à lamain : car toutes les lois que je ferai réduit à combattre par le feu, jeTome /. H