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Tome premier.
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fS ESSAI GENERAL

regarderai comme un point essentiel de me créer des flancs Sc de pren-dre des revers fur l’ennemi.

Pour achever ce qui concerne ma disposition contre 1a cavalerie ; sicelle-ci ne m’attaque que de front, mes six rangs feront face vers lui ;les trois premiers rangs faisant un feu continuel Sc par rang, ainsi que jePai expliqué au chapitre des feux , Sc les trois derniers rangs chargeantles fusils Sc les faisant passer aux trois premiers. Si l’attaque de 1a cava-lerie est environnante , alors trois rangs feront face en dedans, Sc troisen dehors ; dans l’un Sc l’autre cas on croisera les tirs fur les parties at-taquées , le premier rang ménagera fa décharge de maniéré à la faire,lorsque la cavalerie arrivera sur les piquets, le canon tirera tantôt àcartouche, tantôt à boulet, suivant les distances où fera P ennemi, ertobservant d’écharper fur les laces des bataillons. Le premier rang ayantfait fa premiere déchargé, présentera labayonnette pour recevoir les cava-liers qti’un élan extraordinaire auroit pu emporter au-delà du retranche-ment, Sc les autres rangs continueront leur feu, mais à volonté, Sc cha-que soldat choisissant ion homme.

C’est relativement à tous ces principes que je voudrois exercer l’in-fanterie, ayant foin en même temps de parler au soldat, lui faisant con-noître la force Sc les raisons de mes dispositions, les avantages immen-ses que l’infanterie ainsi disposée a fur la cavalerie, le nombre de bayon-nettes Sc de coups de fusil qu’elle a oppoier à chaque cavalier > l’effetprodigieux de son feu s’il est bien dirigé; le peu d’effet de Parme du ca-valier, qui ne pouvant plus le blesser ni à la tête, ni aux épaules, n’apresque point de prise fur lui ; enfin le danger que court l’infanterie sielle s’effraie Sc fe désunit, Sc fa force invincible tant qu’elle reste intré-pide Sc serrée. En général on ne raisonne pas assez avec le soldat Sc sur-tout avec le soldat François, que son intelligence met à portée de com-prendre beaucoup de choses. Cependant la fermeté d’une troupe augmen-teroit en raison ae ce que chaque individu feroit plus persuadé de la bontéde Pordonnance Sc de la disposition dans laquelle il est rangé.

Je voudrois enfin accoutumer l’infanterie à manœuvrer vis-à-vis de lacavalerie; à marcher devant elle, soit en bataille, soit en colonne; às’arrêter quand elle fera menacée d’être chargée; à préparer alors le re-tranchement mobile .dont j’ai parlé ci-dessus; à n’être point étonnée defe voir environnée ; à ne point l’être de p ébranlement impétueux d’une -ligne de cavalerie, de son accélération de vitesse, de son tumulte impo-sant ; à tirer à propos Sc à la juste portée. Sans ces exercices, l’officierd’infanterie, inexpert fur les mouvemens de la cavalerie, fur son degréde vitesse, fur le temps qu’elle. met à parcourir telle ou telle distance,ne fçauroit juger ni quand il devra s’arrêter, ni quand il pourra remar-cher, 'ni fur quel point la cavalerie veut faire un effort, ni comment ildoit la repousser.

Mais, diront les officiers de cavalerie , ces exercices simulés entreles deux armes ne peuvent avoir lieu; ils n’aboutiroient qu'à former Pin-