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Tome premier.
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DE TACTIQUE. Partie I. 7 Z

mces. Un front plus petit alongeroit trop les colonnes; un front plusgrand rendroit les ouvertures de marche trop difficiles, oblìgeroit à desdoublemens frcquens, 8c fur-tout fatigueroit le soldat; car, quoique dansla marche de route on lui laisse toute la liberté de son pas, iì eíl cepen-dant assujetti à un certain ordre qui exige de l’attention de fa paî t, 8c ilfaudroit que cette attention augmentât à proportion de l’étendue du front-La colonne étant formée, elle fe mettra en marche d’un pas libre 8cnaturel, au commandement de Pas de route ; les rangs observeront deuxpas de distance entr’cux pour donner aux soldats l’ailance 8c la liberténécessaire. Si la marche cil de front, les pelotons n’obferveront que troispas de dissance entr’cux , narce que l’objet étant de fe déployer tur ladroite ou fur la gauche de 1a colonne, 8c le plus souvent fur la tête , ilest nécessaire que pour rendre ce mouvement plus rapide, la colonne ait lemoins de profondeur possible. Si la marche est de flanc, les pelotons ob-serveront au contraire entr’eux des distances égides aux deux tiers de leurfront , ce qui, avec les pas laisses entre les rangs, fera leurs distances en-trerez. Ils observeront ces distances, parce que devant se remettre en ba-taille par des quarts de conversion, 8c fur le prolongement de la dire-ction que fuit la colonne, il faut que la profondeur de ladite colonnesoit égale au terrein qu’elle devra occuper en bataille.

II y a toutefois plusieurs circonstances, où le terrein peut forcer lestroupes de se mettre en ordre de marche d’une autre maniéré.

io. Si un bataillon, un régiment, ou une ligne d’infanterie en bataille8c devant exécuter une marche de front, ne peut fe ployer en colonnessoir par la nature du pavs qui fe trouvera en avant 8c en arriéré de Ionfront, soit par rapport a la situation du chemin, ou au temps que cemouvement feroit perdre ; alors le bataillon , le régiment ou la ligne ferompront en colonne par des quarts de conversion pour sc porter vis-à-vis de leur débouché de marche, 8c y entrer par de nouveaux quarts deconversion successifs. Ce cas peut fe présenter communément à l’armée,les troupes étant formées en bataille à la tête de leur camp.

z°. Si la nature du pays rend les chemins si étroits qii’on nc puisse ymarcher par pelotons, on fe mettra en colonne par section, par demi-section, & meme s’il le faut par trois files ou par files doublées, suivant lalargeur la plus constante du chemin qu’on devra parcourir. Cette sortede marche par trois 8c par six, dont une armée ne doit se servir quequand elle y est forcée, peut être particulièrement commode pour uneavant-garde ou un petit corps de troupes marchant dans un pavs où iln’y a pas de chemin ouvert. Elle peut encore servir utilement pour lepassage d’un défilé, ou d’un pont étroit à la tête duquel il faut se for-mer, la colonne ainsi formée par trois ou par six n’ayant ensuite , pourse mettre en bataille au sortir du défilé, qu’à tourner à droite ou à gauche,suivant le côté fur lequel elle veut fe former, s’aíonger fur fa nouvelleligne de front, dédoubler ses rangs en marchant íì elle est fur six,

8c faire front.

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