DE T A C T I Q. U E. Partie L s;
§. V I.
Conclusion.
J l n’y a que les charlatans ou les enthousiastes qui proposent sans prou-ver j je ne luis ni l’un ni l'autre. II peut, il doit y avoir des gens quiont des doutes. Je voudrois les dissiper entièrement. Je vais donc , pourterminer ce chapitre, présenter le parallèle raisonné de la manœuvre dedeux bataillons en colonne , dont l’un se mettra en bataille sur le front,suivant les anciennes méthodes ; 8c l’autre , par le pas de flanc , suivantles principes que j'ai établis.
Soient les deux bataillons A & B en colonne de marche. La colonneA que je suppose devoir se mettre en bataille suivant l’anciennc tacti-que , occupera dans fa profondeur deux cent pas, qui est le front sup-posé d’un bataillon en bataille ; tandis que le bataillon B , qui devra sedéployer par le pas de flanc , étant formé en colonne par pelotons, sui-vant les principes établis, n’occupcra dans fa profondeur que soixante-quatorze pas (a) : première différence de soixante-quatorze pas à deuxcens , d’où l’on peut conclure l’alongement prodigieux d’une colonned’armée dans les anciens principes.
Les deux colonnes se disposant ensuite à se mettre en bataille, la colonneA, de quelque force que soient les fractions, est toujours obligée de conser-ver la môme profondeur, puisqu'il faut à ces f actions les distances néces-saires pour faire leur quart de conversion fur le flanc ; êc au contraire lacolonne B se formant par division 8c serrant ses distances , suivant lesprincipes modernes, n’occupe plus dans fa profondeur que vingt-huitpas (b) : seconde différence de cent soixante dix-sept pas à vingt-huitau moment du déploiement ; qu’on ne perde pas de vue ce qu’opéreroitcette différence dans une colonne d’armée.
Maintenant, ou le bataillon se mettra en bataille par des quarts deconversion, comme, M. de Puysegur l’enseigne dans les mémoires, 6ccomme on le faisoit encore il y a trente ans, c’est-à-dire, en commen-çant à se mettre en bataille íur le flanc, mouvement préliminaire indis-pensable, puis en se mettant en bataille sur le front, par un quart deconversion en totalité, dans lequel quart de conversion l’extrêmité de sonaile mouvante fera environ trois cens quatorze pas, parce que l’arc decercle décrit par l’aile mouvante doit s’estimer egal environ une fois 8c
(<t) Chàque peloton, y compris deux pas d’intervalle entre chaque rang, occupeen marche un peu plus de cinq pas, partant dix pelotons, y compris les grenadiers &chasseurs cinquante pas ; de plus, huit intervalles à trois pas chacun, vingt-quatre pas :Total, soixante-quatorze.
( b ) 6 divisions à % rangs chacune font 18 rangs. Chaque rang occupe, y compris^'intervalle de l’un à l’autre, i pas ; partant ces ii> rangs j 18 pas, de plus 5 intervallesì a pas, 10 pas : Total 2.8 pas.