100 ESSAI GENERAL
Qu’arrive-t-il cependant de cette quantité de cavalerie accrue folle-ment fie par imitation , au-delà des bornes raisonnables ? C’eít qu’elleest onéreuse pour l’état, s’il veut l’entretenir pendant la paix ; c’est queii, trouvant le fardeau trop pesant, il ne l’augmente qu’à la guerre :voilà des régimens nouveaux , ou des compagnies nouvelles, ou des in-corporations subites de jeunes cavaliers fie de jeunes chevaux. II faut en-trer en campagne, tout cela ne se trouve ni ameuté , ni amalgamé.Les travaux de la paix deviennent inutiles : il n’en est pas de la cavaleriecomme de l’infanterie ; un bataillon peut recevoir quelques recrues, fansque cela déroute fie dérange absolument l’instruction du bataillon ; maisqu’on place, dans l’escadron le plus instruit, des cavaliers ou des chevauxnon dressés , le faux mouvement d’un seul de ces individus suffit pour en-traîner Pescadron , Sc pour faire manquer ses manœuvres.
Qu’arrive-t-il encore de cette cavalerie si prodigieusement accrue dansles armées ? C’est qu’il n’y a presque pas une occasion , où elle puisses’employer en totalité ; c’est que dans la plupart des pays , elle est em-barrassante à mouvoir fie à nourrir - t delà magazins énormes, convoiscontinuels, communications immenses , pour peu qu’on s’éloigne ; delàces grandes vues de la guerre subordonnées à des calculs de subsistance ,fie les armées appesanties, au lieu que le vrai but d’une cavalerie raison-nablement nombreuse devroit être d'alléger Sc de faciliter les mouve-mens des armées.
Mais un changement dans la routine de nos opinions à cet égard , nepeut être que l’ouvrage du temps fie d’un grand nombre de circonstances.II faut qu’auparavant la tactique de l’infanterie. ait été perfectionnée, fieque celle de la cavalerie soit mise à la même hauteur ; il faut qu’un gé-néral , homme de génie , soit frappé des ressources qu’offriroient denouveaux mouvemens plus rapides fie plus raffinés ; que delà il ose semettre en campagne avec une cavalerie excellente fie peu nombreuse ;que sa cavalerie , une fois combinée fur ses vues fie fur la force de son in-fanterie , il voie l’ennemi augmenter la sienne , fie que non seulement ilne soit pas tenté de Pimiter; mais même qu’il soit persuadé que la supério-rité que son adversaire aura cru se donner , ne fait que l’assoiblir , parcequ’au delà de certaines proportions, le nombre ne produit qu’embar-ras Le lenteur. Ce que je vais dire ci-apròs , jetera peut-être les fonde-mens de cette importante révolution , & cet espoir doit m’cncourager.
' CHAPITRE II.
Armure habillement de la Cavalerie.
^ a définition des propriétés de la cavalerie me conduira à déterminer,d’une maniéré plus précise , son ordonnance fie ft constitution.