Band 
Tome premier.
Seite
103
JPEG-Download
 

de T A C T I Q^U E. Partie L lo;

cavalerie en panne doit se tenir hors de la portée du feu de la mousque-terie ; la cavalerie ne doit en tout «'attaquer à l’infanteric , que quandcette derniere est ébranlée, ou en mauvaiíé contenance de courage ou dedisposition5 parce qu’alors le feu qu'elle a à essuyer, est peu redoutable,8c que le succès est presque certain. Elle ne doit jamais attaquer l’infàn-terie, si l'infanterie est constituée, exercée, Sc préparée à la recevoir,ainsi que je l’ai proposé. Enfin lorsque la cavalerie charge l'infanteriece ne iont ni quelques cavaliers sauvés par leurs armes défensives, outués parce qu’ils feront découverts, qui décideront le succès de la char-ge j car si l’escadron ne perce pas l'infanterie, ce n’est pas à cause descavaliers qu’il a perdu en chemin, c’est à cause de la frayeur qui «'em-pare de ceux qui survivent. Enfin quelques cavaliers, tués ou blessés dansune action de guerre, de coups à la poitrine, ou aux parties du corps,qui seroient couvertes par des armes défensives, ne peuvent compenser ledésavantage qu’il y a à se charger deíditcs armes, l’embarras de les por-ter peut-être inutilement toute une campagne ; la fatigue de l’homme,celle du cheval ; les éclopemens qui en résultent ; la mal-adresse & lalenteur, auxquelles des eicadrons ainsi armés font sujets; enfin la perted’une action causée par cette lenteur, ou cette mal-adresse.

4°. Qu’à plus forte raison il faut que la cavalerie renonce à ces armes-prétendues défensives- contre le feu, 6c dans le fait nulles contre lui,comme plastrons, demi-plastrons, comme entr’autres ces cuirasses detôle, que je vois un de nos régi mens conserver; parce qu’il s'appellecuimffìers du Roi , ôc qu’il attache à la conservation des cuirasses, sonesprit de corps, bien plus réellement entretenu par le souvenir de Lut-zelberg, 6c de dix autres combats où il s’est couvert de gloire.

f°. Que, si je désapprouve toute espece d’armes défensives contre lefeu, j’appvouverois au contraire quelques précautions pour défendre lecavalier contre l’arme blanche, pourvu que ces précautions ne fissent nipoids, ni embarras. Je voudrois, par exemple, qu’on couvrît la tête ducavalier d’un casque à l’épreuve du coup de sabre , 8c ses-’épaules detrois rangs de chaînes de maille attachées fur une épaulette de cuir. Cefont les épaules 8c la tète, qui font toujours' les plus exposées aux coupsde l’ennemi, 6c fur-tout d’un ennemi qui est en usage de sabrer. Cesépaulettes de fer ne seroient pas un poids; 6c substituer le casque au cha-peau, ce feroit mettre une coëffure militaire 8c utile, à la place de lacoëffure la plus bifarre 6c la plus inutile qui existe. . .

6°. Que la lance 6c toutes les armes de longueur doivent être reje-tées pour la cavalerie , parce qu’elles font lourdes à porter hors de fa-ction , 8c embarrassantes à manier pendant le combat ; parce qu’ellesexigent qu’on combatte à files ouvertes, 6c presque seul à seul , afin depouvoir prendre champ pour les manier ; • parce qu’au moyen de cela,,il ne peut plus y avoir ni ordre, ni manoeuvre, ni unanimité de choc.II ne reste aujourd’hui en Europe, que k cavalerie Polonoi.fe arméede lances, 6c quoiqu’elle soit composée d’hommes robustes 6c bravés,8c d’excellcns chevaux, il n’y a pas de cavalerie moins redoutable.