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Tome premier.
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101 ESSAI GENERAL

£c de complettes. Mais finissons cette incursion sur une erreur dont

on commence à revenir , Lc reprenons le fil de mes principes.

Pour que la cavalerie air cette vélocité de mouvement si avantageuse,quand Tordre y est joint, il saut qu’elle ne soit appesantie, ni par sesarmes, ni par Tordonnance fur laquelle elle est rangée. C’étoitdonc con-tre toute eipece de principes, que les anciens formoient leurs turmes decavalerie, de huit de front fur huit de profondeur, ou en losange, entrapèze, en coin. C’étoít par un reste de cette ignorance, que, dans destemps plus modernes, la cavalerie combattoit fur quatre ou fur six de> profondeur. C’étoit par une ignorance tout aussi funeste, qu’elle étoitarmée de pied en cap, 6c couverte d’armes défensives. On ne voit pointdans l’histoire, fans pitié pour Paveuglement de ce temps, la gendarme-rie bardée de fer, allant à la charge au pas Lc au trot ; ne pouvant semouvoir, fila pluie avoit détrempé le terrein, Lc périssant alors fousson inutile armure, Lc sous les coups des archers, ou d’une cavalerie pluslégere. Quelques siécles auparavant la cavalerie Romaine, armée de-même, essuyoit les mômes désastres. Ces exemples malheureux ont enfinfait renoncer à Tordonnance de profondeur Lc aux armures pesantes ;mais cette révolution s’est faite lentement. II en est ainsi de toutes leserreurs que ,1e préjugé de plusieurs siécles a accréditées. Long-temps ona conservé les lances, les cuirasses, les plastrons, les bottes tortes, Tor-donnance fur quatre Lc fur trois rangs > aujourd’hui enfin tous les anciensofficiers fe trouvent trop nuds, trop désarmés, trop légers, difent-ils ,comme si la cavalerie pouvoit jamais trop acquérir une propriété, danslaquelle consistent tout son avantage Lc toute son utilité.

II résulte de ce que je viens de dire, t°. que, si Ton veut fe donnerla peine d'étudier l’antiquité, on verra que les meilleures cavaleries, laThessalienne, la Numide, TEspagnole étoient à demi-nues fur des che-vaux presque nuds aussi, Lc armées ou de haches, ou d’épées tranchan-tes > Lc que ce ne fut qu'en fe rapprochant de leur institution Lc en s’al-légeant , que la cavalerie Grecque Lc Romaine parvinrent à lutter quel-N quefois plus également contre elles.

2 °. Qu’on doit à jamais abolir le mot de cavalerie pesante, parce quecette épithete est hétérogène à Tinstitution de la cavalerie; que toute ladifférence qui peut exister entre les différens corps de cavalerie, ne doitconsister que dans des hommes Lc des chevaux plus ou moins élevés, Scqu’ainsi ce que nous appelions la cavalerie, étant destiné à combattre tou-jours en escadron ôc en ligne, doit être composé des hommes les plusélevés Lc les plus robustes, tandis que les dragons & houzards, destinésà fe mouvoir plus rapidement, à se disperser, a faire la guerre en détail,sans cependant ignorer comment elle fe fait en masse, doivent être com-posés de chevaux plus petits, Lc d’hommes proportionnés.

3<v Qu’il faut que tout ce qui s’appelle combattant à cheval, renonceà tout ce qui appesantit Lc surcharge, comme cuirasses, plastrons Lc au-.tres armes défensives à T épreuve au coup de fusil -, voici mes raisons. La