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Tome premier.
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x i o ESSAI GENERAL

çoife est. le défaut d’instruction j qu’elle ne sçait pas manier fes chevaux jqu’avant de dresser l’cscadron, il faut dresser le cavalier. Le gouverne-ment, frappé de cette vérité, ordonne qu’on construise des manèges, ap-pelle des écuyers, jette un coup d’œil favorable fur tous ceux qui ap-portent du zele Lc de Paptitude aux institutions nouvelles. A l'instanttoutes les têtes fermentent ; les villes de guerre, les quartiers fc remplis-sent d’écoles d’équitation > il n’y a plus de bons officiers que ceux qui ma-nient un cheval avec adresse ; les vieux cavaliers n’ont ni la souplesse, nila grâce qu’on exige -, il faut les renvoyer, il faut en user de-même à l’é-gard des anciens officiers. On diroit que toute la science de la cavaleries’apprend dans la pouíîiere des maneges. Cependant au milieu de cetteeffervescence, les principes de l’équitation ne font ni posés, ni recon-nus j on les discute,’on les change. Deux systèmes différens partagentles opinions, lans compter nombre de petites éducations particulières,imaginées par les chefs des régi mens. Les années passent, les chevaux seruinent, les cavaliers font excédés, on forme dans chaque régiment quel-ques officiers écuyers, 8c dix ou douze cavaliers créats : notez que ces der-niers le font à peine, qu’ils délirent leur congc, pour aller sc faire pi-queurs en France, ou chez l’étranger. Dans les régimens les plus avances,on met cinquante ou soixante hommes par escadron en état de manœu-vrer, on forme les autres successivement, mais successivement aussi renga-gement des hommes formés est à son terme ; des recrues leur succèdent,des chevaux neufs remplacent de-même les chevaux dressés 8c ruinés,chose devenue synonyme, par les travaux établis dans les maneges. Brefdans cette fluctuation continuelle d’individus Lc de principes, dans cesécoles outrées de détail Lc de précision, tout sc consume, les hommes, leschevaux, 8c ce qu’il y a de plus précieux encore, le temps de la paix, cetemps fugitif Lc irrévocable qui devroit être employé à rassembler degrands camps, à exécuter de grandes manœuvres, 8c à étudier leur résultat.

Eh! diroit la raison à tous ces-instituteurs modernes, si la raison étoitappcllée à leur conseil, quel est votre but ? Notre but est de sortir deP ignorance, .puisque toute P Europe s’éclaire j notre but est de rendre lacavalerie manœuvriere 8c pour cela d’établir des écoles. — D’accord,mais avant que d’établir des écoles, cherchons la vérité, posons des prin-cipes. Vous avez, je pense, songé que vos cavaliers sont, ou doivent êtreen plus grande partie, des paysans bien épais, bien grossiers, & par con-séquent bien sourds à toutes les recherches d’un art rafiné. Vous avez ré-fléchi, fans doute, que votre constitution vous oblige à congédier tousles ans le huitième de ces cavaliers ; qu’il en meurt, qu’il en déserte tousles ans quelques-uns, qu’en temps de guerre ces deux branches de con-sommation s’accroissent considérablement ; vous avez fait le même calculpour les chevaux ; vous saurez donc qu’il faut, pour vos cavaliers Lc pourvos chevaux, une instruction prompte, simple, Lc qui les mette le plu-tôt possible en état d’entrer dans P escadron. Maintenant, messieurs lesinstituteurs, vous prétendez que l’équitation est la base indispensable de