izo ESSAI GENERAL
drons soient encore repoussés, voilà pour l’infanterie attaquée un retran-chement d’hommes 6c de chevaux abattus, sans compter le rempart dela confiance augmentée, de maniéré que cent escadrons qui arriveront suc-cessivement fur le même point, ne feront plus qu'échouer. Les colonnesdispoíëes, comme je le propose, laisseroient de la ressource au génie 6c aucoup d'œil d’un officier de cavalerie habile ; ainsi voyant, par exemple,queles premiers escadrons n’enfoncent pas, il porteroit brusquement lesescadrons du reste de la colonne fur une des parties collatérales du pre-mier point d’attaque : mouvement imprévu, audacieux, qui seroit pres-que toujours suivi de la victoire.
La seconde occasion, où il peut être convenable de charger en colon-ne, c’est quand, avec une cavalerie supérieure, on aura à charger uncorps de cavalerie inférieur, occupant, je suppose, une trouée, 6c sibien appuyée à ses deux ailes, qu’il seroit impossible de le tourner ou del’incommoder avec de l’infanterie glissée sur les flancs, ou avec de la ca-valerie mise pied à terre pour cet objet, comme dans le cas où il seroitentre deux marais. Alors, pour ne pas perdre l’avantage du nombre, onpourroit renforcer fa ligne d’une ou ae plusieurs colonnes formées, commeci-dessus, par escadrons avec des intervalles entr’eux , en forte que cescolonnes, perçant en quelque point,pussent se former sur le champ,pren-dre à revers la ligne ennemie ; ou se portant au delà du terrein resserréoù se seroit passée la charge, se déployer Lc augmenter encore la supé-riorité de la ligne victorieuse.
Hors les deux occasions susdites, toutes les charges de cavalerie doi-vent se faire en bataille y car le grand avantage de la cavalerie, quand elleest supérieure, c’est de déployer ses forces, ae les étendre, de gagner leflanc ou les derrières de la disposition enpemie y tout comme le grand artde la cavalerie qui est inférieure, doit être d’empêcher qu’onne la déborde,en sçachant pour cet effet appuyer ses ailes, ou en les renforçant par descrochets, par des obliques, par des escadrons aboutés aux ailes, ou ca-chés à la saveur de quelque éminence , lesquels crochets, obliques, ouescadrons de réserve laissent engager la pointe de l’aile de l’ennemi quis’avance avec confiance, croyant prendre en flanc l’ennemi qu’elle dé-borde , 6c sc voit au contraire au moment de la charge , prise en flancelle-même par ces corps , qui doivent «'abattre fur elle tête baissée 6cfans considération du nombre.
II faut convenir que la maniéré dont fe passent nos combats de cava-lerie, est bien inférieure à l’art avec lequel les anciens ont fçû quelque-fois conduire les leurs. Supérieures ou inférieures, nos lignes ne fçaventde part 6c d’autre, que fe former 6c fe montrer toutes entieres, ne cher-chant , ni à tirer parti du terrein , ni à se préparer des manœuvres 6ccontre-manœuvres aux pointes des ailes, ni à fe renforcer ou s’appuyer,si elles font inférieures, par le secours de l’infanterie 6c de l’artillerie.Etant ainsi formées, les lignes s’avancent, fe chargent, 6c le plus souventne se joignent pas, Tune des deux fe mettant à fuir avant qu'elle ait
H