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Tome premier.
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DE T A C T I Q_U E. Parité L tzt

été abordée. Si elle ne fuit pas tout-à-fait, elle se rallie, revient encorefaire une charge sans vigueur, & ainsi le combat va toujours mollement,fans perte & íans science, jusquà ce quun des deux corps de cavalerieait perdu courage, & quil abandonne le terrein.

Un homme habile engagerait, je crois, le combat bien différemment.Au lieu de se développer fur une ligne, ou sur deux lignes tout simple-ment droites Sc contiguës, au lieu dexpofer ainsi toutes ses forces au ha-sard dun premier choc ; supérieur, il aurait en avant ou en arriéré despointes de ses ailes, des corps destinés à envelopper lennemi, ou à arri-ver fur lennemi pendant le combat ; inférieur, il tâcherait dappuyerses ailes. Si le terrein ne lui fourniíToit aucune ressource à cet égard, silformerait ces crochets, ces obliques dont jai parlé ; il auroit aux pointesde ses ailes, des corps destinés à parer les mouvemens offensifs de lenne-mi; il se garderait bien davoir une seconde ligne, parce quune secondeligne parallèle Sc contiguë, najoute rien à la force de la premiere, nepeut remédier à ses désastres, Sc est, pour lordinaire, renversée par elle(a)-, ce feraient les troupes de cette seconde ligne, quil emploierait encrochets, en obliques, en réserves placées en arriéré Sc fur le flanc deses ailes; ce feraient ces corps défensivement offensifs, commandés pardes officiers de tête Sc de main, Sc agissant suivant les circonstances, quicontrecarreraient les manoeuvres de Penncmi, Sc chargeraient P ennemivictorieux Sc en désordre. Entre deux rivaux pareils Sc deux corps decavalerie exercés daprès ces principes, ce serait, si le nombre Sc le-cou-rage nétoient pas sensiblement inégaux, la supériorité des manœuvres, &lhabileté des officiers commandant les réserves , qui décideraient de lavictoire ; mais elle íèroit long-temps balancée, Sc elle resterait enfin à ce-lui qui auroit eu le dernier, Sc le plus à propos, des troupes fraîches àfaire agir. s

Cette tactique fera peut-être un jour mise en œuvre par un généralquivoudia alléger son armée, diminuer le grand nombre de la cavale-rie , Sc n en avoir qu une quantité raisonnablement proportionnée à son in-ranteiie, fans s embarrasser du nombre supérieur descadrons que lenne-mi pourra lui opposer. On verra alors combien le génie Sc la science desmanœuvres lemportent aisément sur la multitude ; on verra ce générai, sila supériorité des manœuvres de fa cavalerie ne suffit pas pour contreba-lancer son infériorité du côté du nombre , sçavoir la renforcer par dau-

(a) On peut voir tend ceci; cest à improuver notre usage de seconde ligne,soitquon la forme en muraille , ou avec des intervalles: car dans le premier cas , elle estrenversée par le désordre de la premiere ; & dans le second , elle ne présente à Pennêmique des corps morcelés, incapables de rétablir le combat. De grosses réserves forméesde distance en distance, & dans des points bien choisis, seroient bien plus décisives, bienplus menaçantes , bien autrement propres aappuyer la premiere ligne. Je voudrois cettepremiere ligne, ainsi que ces réserves formées toujours non précisément en muraille;mais avec dix pas entre chaque escadron, ou avec des intervalles de vingt pas , fi mes es-cadrons avoient une troupe d élite de vingt chevaux, ainsi que je lai proposé, placéeen arriéré de leur aile ou de leur intervalle.

Tome L O