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Tome premier.
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de TACTIQUE, Partiel. IZ;

d’être battus quand ils remplissent, en l’étant, un objet utile à T armée.

j’ai dit que ces corps seroient habitués à combattre en détail Sc enmasse. On les instruirait en conséquence. On les exerceroit de plus ànager, à courir, à tout ce qui peut augmenter Tagilité Sc la force. Onleur feroit faire pendant la paix des exercices simulés de toutes les opé-rations dont ils peuvent être chargés à la guerre. On montrerait auxofficiers Sc aux bas-officiers comment on fait une patrouille, une recon-noissance, un rapport ; comment on établit un poste à pied, ou à che-val} comment on retranche Tun , comment on assure l’autre par les posi-tions des vedettes, Sc par des patrouilles poussées fur tous les rayons. Onmontrerait aux officiers comment on fait les dispositions pour surpren-dre, enlever ou attaquer un poste, pour défendre ou attaquer un village jcomment on crenelle des maisons, comment on attache un pétard, instru-ment dont les troupes légeres devraient toujours être pourvues, tic. Onleur apprendrait comme on s’oriente dans un pays, comme on prend uneidée juste de ce pays vu fous différens aspects} comme il faut s’accoûtu-mer à le voir ainsi , afin de le bien connoîtrej comme on juge des distan-ces, de la force des troupes qu’on apperçoit, de leurs dispositions, deleurs manœuvres. On leur feroit connoître par quelles illusions Part oule terrein font paraître des troupes plus ou moins nombreuses} & en leurfortifiant P œil contre ces illusions, on leur montrerait à les employer con-tre Pennemi. On formerait même une école de stratagèmes Sc de ruses,ressources tant employées par les anciens, & si inconnues aujourd’hui. Onaccoutumerait enfin les officiers de ces corps à être vrais dans leurs rap-ports , à ne pas exagérer le nombre des ennemis qu’ils ont vus & com-battus, à ne pas consommer des munitions inutilement Lc pour sc fairecroire plus souvent aux prises} 6c pour cela il faudrait leur faire enten-dre, leur bien graver dans l’efprit, que tous ces mensonges, malheureu-sement trop reçus aujourd’hui, peuvent avoir les conséquences les plusfâcheuses} qu’en écrivant, je suppose, au général qu’on a six mille hom-mes devant foi 6c qu’on les a combattus , qu’on a vu telle chose dans telou tel point, on lui fait sistre une fausse combinaison si Pennemi estmoins nombreux, ou si la chose avancée n’est pas exacte} qu’une fois cesmensonges reconnus en deux ou trois occasions, le général ne fait pluscomment démêler la vérité & les attaques véritables d’avec celles quifont jouées} qu’en un mot, pour quelques officiers que ces mensongesont fait un moment valoir, il en est bien plus qu’ils ont flétris, ou aux-qucls ils n’ont fistt qu’une réputation passagera que les grandes occasionsont détruite. J’attaque cet abus, parce qu’ìl est plus funeste qu’on ne lepense} parce qu’il existe dans toutes les troupes légeres de PEurope}parce que s’il est des corps dans l’armée où il soit essentiel de trouverclairvoyance 6c vérité, c’est dans ceux qui sont le plus en avant, puis-que c’est d’après leur rapport que la masse se meut 6c se dirige. Les Ro-mains punifloient d’ignominie les sentinelles 6c les postes avancés qui sist-soient un faux signal. Léser dit dans ses commentaires, qu’il ne le 1er-