DE T A C T I Q^U E. Partie I.
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ESSAI
SUR L J TACTIQUE
“V
DE L* ARTILLERIE.
CHAPITRE I.
De l'Artillerie en général. Ses avantages trop élevés par les uns , U tropabaiJJ'és par les autres. Son utilité réelle.
L 'artillerie est la troisième arme des armées ; ou , pour parlerplus juste, elle est un accessoire utile & important à la force destroupes qui composent les armées. Cette distinction entre arme &Caccejfoìreparoîtra peut-être un peu sophistique. Elle est cependant nécessaire pourdonner une idée précise de l’objet de l’artillerie ; car par le mot d 'arme onne peut précisément entendre que l’infanterie ou la cavalerie, qui sontdeux mobiles principaux Sc constituans d’une armés-, tandis que celuid 'accejfoìre convient parfaitement à ces moyens étrangers dont l’imagi-nation humaine, a cherché , dans tous les siécles , à augmenter la forcedes combattans ; moyens qui ne peuvent pas combattre seuls & par eux-mêmes, ÔC qui ont varié fréquemment z puisqu’on a eu successivementdes éléphans, des chariots armés de faux , des catapultes, des balistes,des onagres, &c. & enfin, de nos jours, toutes ces grosses armes dejet comprises fous le nom générique d’artiílerie.
Les machines de guerre des anciens étoient incommodes 8c de peud’effet. Notre artillerie est plus simple, plus ingénieuse, plus facile àmouvoir : son exécution est plus certaine Lc plus meurtrière. Quelquesmilitaires ne font pas de cet avis ; mais comment oser comparer des ma-chines qu’on ne pouvoit mettre en jeu qu'à force de vervins, de treuils,de moufles , de cordages, à des armes d’une manœuvre aisée , 8c qui,par l’inflammation subite de la poudre, chassent des mobiles plus pe-sans 8c plus destructifs ; des machines dont les montans 8c les bras don-noient tant de prise aux batteries opposées , à des armes que l’on peutrendre presque inaccessibles aux coups de l’ennemi ; des machines dont