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Tome premier.
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X 3<S. ESSAI GENERAL

le tir n’étoit pas horizontal, dont la plus grande étendue de portée étoitau dessous de la moyenne portée des nôtres, dont la rectitude de portéeétoit bien plus imparfaite ; des machines qui permettoient qu’une placese défendît plusieurs années, & que des tours de charpente d’une élé-vation prodigieuse subsistassent devant elles plusieurs jours , à des armesqui, tantôt fous des angles de projection élevés, lancent leurs mobilesâ des portées inouïes, qui, tantôt fous des angles moins sensibles, chas-sent ces mobiles horizontalement, battent de but en blanc des terrassesénormes , les détruisent en peu de jours , enfilent des prolonge mens,les ricochent, empêchent l’ennemi de s’y maintenir, & finissent enfinpar détruire toutes les places qui ne font pas délivrées par des secoursdu dehors, ou par les fautes de ceux qui les assiègent. .

Qu’on ne conclue pas delà, que la science de r artillerie soit arrivéeau point de perfection où elle peut atteindre. Dimensions des pieces,construction des affûts, effets de la poudre, jet des mobiles, portéede ces mobiles, presque tout fur ces différons objets, est encore systè-me ou erreur. II y a peu de principes dans cette science qui ne soientcontestés. Plusieurs points de premiere importance font encore problè-me , & le feront peut-être long-temps. On ignore quels font les effetsde la poudre , jusqu'à quel point elle agit fur les mobiles qu’elle chasse,soit relativement à fa qualité , à fa quantité , à la maniéré dont elle estemployée, aux impressions que l’air fait fur elle ; soit relativement aumétal, à la longueur 8c à Tépaisseur des pieces. On ignore la quantitéde force motrice, par laquelle les mobiles font chassés , Sc la diminu-tion successive de vitesse qu'ils éprouvent par la résistance plus ou moinsforte de l’air. La théorie de la balistique est encore plus incertaine. Ona cherché en vain jufqu’ici une équation générale qui dans tous les casdéterminât la courbe décrite par le centre de gravité d’un corps sphériqueprojette en l’air , &V. On n'a que des tables approximatives des portéesde but en blanc primitif. Là, où le pointement du but en blanc pri-mitif n’a point lieu, il faut le faire par estime Sc par tâtonnement, ainsique c’étoit l’ancienne méthode , ou avec le coin de mire, ou bien parle moyen des hausses Sc des visieres mobiles, nouvelle invention tropcompliquée , trop peu solide peut-être , 8c qui exige une théorie prati-que , 8c des précautions qu’on ne doit pas attendre du soldat, fur-toutau milieu du tumulte 8c du danger d’un combat. On voit qu’il y a loinde tout cela à la perfection de Part. II est donc apparent que le temps,que les connorssances mathématiques qui se répandent Sc sont de plus enplus fermenter les esprits chaque jour , produiront des découvertes nou-velles , Sc que ces découvertes ameneront de nouveaux principes. Puisseseulement le gouvernement exciter le génie sur cette importante bran-che du militaire comme sur toutes les autres, Sc en même temps con-tenir l’inquiétude des novateurs , ne pas rejeter fans examen , 8c ne pasadopter fans épreuves ! Puissent les épreuves qu’il ordonnera , n’être pasce que j’ai oui dire qu’elles étoient trop souvent, des assemblées dont le

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